Smerdiakov

Définition et enjeux

Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Les Frères Karamazov (1923)

Smerdiakov retira le volume, découvrit la liasse.
« Prenez cet argent, dit-il en soupirant.
— Certes, je le prends ! Mais pourquoi me le donnes-tu puisque tu as tué pour l’avoir ? »
Et Ivan le considéra avec stupéfaction.
« Je n’en ai plus besoin, dit Smerdiakov d’une voix tremblante. Je pensais d’abord, avec cet argent, m’établir à Moscou, ou même à l’étranger ; c’était mon rêve, puisque « tout est permis ». C’est vous qui m’avez en effet appris et souvent expliqué cela : si Dieu n’existe pas, il n’y a pas de vertu, et elle est inutile.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Les Frères Karamazov (1923)

« Qu’a-t-il donc ? demanda-t-il à Smerdiakov qui survenait.
— Il est fâché, Dieu sait pourquoi, répondit évasivement Smerdiakov. — Au diable sa bouderie ! Dépêche-toi de donner le samovar et va-t’en. Rien de nouveau ? »
Ce furent alors les questions dont Smerdiakov venait de se plaindre à Ivan Fiodorovitch, concernant la visiteuse attendue, et nous les passons sous silence. Une demi-heure après, la maison était close, et le vieux toqué se mit à marcher de long en large, le cœur palpitant, attendant le signal convenu. Parfois, il regardait les fenêtres sombres, mais il ne voyait que la nuit.
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Les Frères Karamazov (1880)

Smerdiakov se calma et, durant toute la visite, fut d’un flegme étonnant. Il semblait vraiment très-malade : maigre et jaune à faire peur ; son visage desséché de skopets s’était ratatiné ; les cheveux en broussaille. L’œil gauche, toujours un peu cligné, rappelait seul l’ancien Smerdiakov. « Il y a plaisir à parler avec un homme intelligent... » Pourquoi Ivan Fédorovitch se rappela-t-il tout à coup ce mot d’adieu de Smerdiakov ?
— Peux-tu me parler ? demanda-t-il : je ne te fatiguerai pas trop ?
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