“ Une cause d’ordre ethnique semble de primordiale importance aux théoriciens de l’antisémitisme. Israël disent-ils, est l’impénétrable étranger, l’aveugle porteur d’un idéal ennemi. Une triste discipline charnelle a maintenu dans son âme une dure religion où prédomine la volonté, une conception historique et presque politique du divin, un monothéisme maigre et brûlant, ennemi du polythéisme symbolique et plastique des peuples indo-européens, un matérialisme abstrait, un mysticisme terrestre qui répugnent à la sensibilité aryenne. ”
érémitisme
Définition et enjeux
Citations sur “érémitisme”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Raconter Israël, c’est raconter la France, ou l’Allemagne, ou l’Espagne. Voilà ce que voient les antisémites chrétiens, et leur antisémitisme est ainsi purement théologique, c’est celui des Pères, celui de Chrysostome, de saint Augustin, de saint Jérôme. Avant la naissance de Jésus, le peuple juif a été le peuple prédestiné, le fils chéri de Dieu ; depuis qu’il a méconnu son Sauveur, depuis qu’il a été déicide, il est devenu le peuple déchu par excellence, et, après avoir fait le salut du monde, il en cause la ruine. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Telles que nous venons de les étudier, les causes de l’antisémitisme moderne sont nationales, religieuses, politiques et économiques ; ce sont des causes profondes qui dépendent non seulement des Juifs, non seulement de ceux qui les entourent, mais encore et surtout de l’état social. ”
Bernard Lazare,
Le Nationalisme Juif
“ C’est d’ailleurs parce qu’ils sont une nation que l’antisémitisme existe. Assurément, on ne saurait trop insister là-dessus, le préjugé religieux se trouve à la base de la haine contre Israël, mais ce préjugé religieux implique en même temps l’existence de ce peuple juif sur lequel depuis dix-neuf cents ans retombent les anathèmes de l’Église. Supposez que le christianisme n’eût pas existé et que la diaspora se fût produite, les Juifs, nation sans territoire, peuple répandu parmi les peuples, eussent provoqué quand même l’antijudaïsme. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Ils prétendaient participer au mouvement intellectuel de leur temps et se mêler, sans abandonner leurs croyances, à la société au sein de laquelle ils vivaient. Leurs adversaires tenaient pour la pureté d’Israël, pour l’intégrité absolue de son culte, de ses rites et de ses croyances ; ils voyaient dans la philosophie et dans la science les plus funestes ennemis du Judaïsme, et affirmaient que si les Juifs ne se ressaisissaient, s’il ne rejetaient loin d’eux tout ce qui n’était pas la Loi sainte, ils étaient destinés à périr et à se dissoudre parmi les nations. ”
Bernard Lazare,
Le Nationalisme Juif
“ Dans ce cas particulier, il m’est sans doute permis de le dire ici, ce sont les antisémites qui ont raison. Ils ne savent pas pourquoi, certes, et c’est simplement leur haine qui leur a donné une confuse clairvoyance, mais ils sont bien dans la vérité contre les journaux qui défendent l’orthodoxie. Le judaïsme comporte une religion — une religion nationale — mais il n’est pas seulement une religion et que peut répondre un orthodoxe, un Hassid, un talmudiste ou un de ceux qui répudient le nom de Juifs pour ne retenir que celui d’israélite à l’athée qui lui dira : « Je me sens juif ». ”
James Darmesteter,
Essais orientaux
“ Pendant l’exil et au retour, cet élément nouveau et universel se fond avec l’élément ancien et national, le Jéhovisme avec l’Élohisme, et la religion d’Israel prend sa forme définitive, le Judaïsme. De l’ancien élément national restent les rites, les cérémonies, les observances spéciales, legs bizarre de la vieille idolâtrie sémitique, qui a pris un sens nouveau avec la transformation religieuse, et qui, devenu d’abord le signe d’alliance de l’Hébreu avec son dieu, devient à la fin le signe de ralliement du Juif avec le Juif, le lien d’unité dans la ruine de la nationalité ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Le moderne judaïsme prétend n’être plus qu’une confession religieuse ; mais il est encore en réalité un ethnos, puisqu’il croit l’être, puisqu’il a gardé ses préjugés, son égoïsme, et sa vanité de peuple, croyance, préjugés, égoïsme et vanité qui le font apparaître comme étranger aux peuples dans le sein desquels il subsiste, et ici nous touchons à une des causes les plus profondes de l’antisémitisme. L’antisémitisme est une des façons dont se manifeste le principe des nationalités. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Cette rapide ascension choqua ; on fut offusqué par cette richesse que le Juif avait acquis le droit d’étaler, et on se souvient du vieux grief des pères, du grief de l’antijudaïsme social : l’or du Juif est conquis sur le chrétien ; il est conquis par le dol, la fraude, la déprédation, par tous les moyens et principalement par les moyens condamnables. C’est ce que j’appellerai le grief moral de l’antisémitisme, il se résume ainsi : le Juif est plus malhonnête que le chrétien ; il est dépourvu de tous scrupules, étranger à la loyauté et à la franchise. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Pour Gougenot, les Juifs sont « le peuple à jamais élu, le plus noble et le plus auguste des peuples, le peuple issu du sang d’Abraham, à qui nous devons la mère de Dieu ». En même temps les Juifs sont les plus pervers et les plus insociables des êtres. Comment concilie-t-il ces contradictions ? En opposant le Juif mosaïste au Juif talmudiste, et la Bible au Talmud. C’est ainsi du reste que procèdent la plupart des antisémites chrétiens. ”
Bernard Lazare,
Contre l’antisémitisme
“ C’est là le mobile qui a supporté les autres, c’est là le sentiment constant qui a permis à d’autres sentiments de s’éveiller, de se développer, de grandir. Sur ce fonds stable qui existera tant qu’il y aura des Juifs, ou tout au moins tant qu’il y aura des chrétiens, on a bâti et, selon les siècles, selon les pays, selon les mœurs, on a bâti d’une façon différente, je veux dire qu’on a justifié autrement la guerre aux Juifs. De même, selon les mœurs, selon les pays, selon les siècles, les causes efficientes de l’antisémitisme ont varié. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ A la base de l’antisémitisme de nos jours, comme à la base de l’antijudaïsme du XIIIe siècle, se trouvent l’horreur et la haine de l’étranger. C’est là la cause fondamentale de tout antisémitisme, c’est là le motif permanent, celui qu’on trouve à Alexandrie sous les Ptolémée, à Rome au temps de Cicéron, dans les villes grecques de l’Ionie, à Antioche et dans la Cyrénaïque, dans l’Europe féodale et dans les États contemporains que le principe des nationalités anime. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Des nations parmi lesquelles ont vécu les Israélites, des mœurs, des coutumes, de la religion, du gouvernement, de la philosophie même des peuples au milieu desquels se développa Israël, dépendent les caractères particuliers de l’antisémitisme, caractères qui changent avec les âges et les pays. ”
Louis Bernard, Conséquences de l'antisémitisme…
“ Quoi qu'en disent les antisémites, se sont les juifs qui toujours et partout ont été les véritables instituteurs de l'humanité en prêchant l'exemple. L'idée de bienfaisance, dont ils ont été les initiateurs dans le monde, s'est répandue chez tous les peuples et tous les mensonges, toutes les légendes, toutes les calomnies, entassées contre eux, ne changeront pas la vérité de ce fait historique. Ces idées qui viennent d'Israël, dominent aujourd'hui et à certaines heures, elles l'emportent sur tout. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Partout où les Juifs, cessant d’être une nation prête à défendre sa liberté et son indépendance, se sont établis, partout s’est développé l’antisémitisme ou plutôt l’antijudaïsme, car antisémitisme est un mot mal choisi, qui n’a eu sa raison d’être que de notre temps, quand on a voulu élargir cette lutte du Juif et des peuples chrétiens, et lui donner une philosophie en même temps qu’une raison plus métaphysique que matérielle. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ Il reste, cependant, malgré tout, au fond de l’antisémitisme populaire ou lettré, un résidu d’antipathies religieuses. Chez le chrétien et chez l’israélite, dans l’Europe centrale et orientale notamment, persistent des croyances, des légendes, des superstitions qui contribuent à fomenter entre eux une aversion réciproque. Ni le sceptique, ni l’indifférent n’y échappent toujours. C’est par ce côté surtout que la répulsion pour les juifs est un legs des ancêtres, un fait d’hérédité. Des races conservent longtemps, à l’état d’instinct, des répugnances dont elles ne savent plus bien la cause. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Il m’a semblé qu’une opinion aussi universelle que l’antisémitisme, ayant fleuri dans tous les lieux et dans tous les temps, avant l’ère chrétienne et après, à Alexandrie, à Rome et à Antioche, en Arabie et en Perse, dans l’Europe du Moyen Âge et dans l’Europe moderne, en un mot, dans toutes les parties du monde où il y a eu et où il y a des Juifs, il m’a semblé qu’une telle opinion ne pouvait être le résultat d’une fantaisie et d’un caprice perpétuel, et qu’il devait y avoir à son éclosion et à sa permanence des raisons profondes et sérieuses. ”
Rabbin Simon Levy, Moïse, Jésus et Mahomet
“ Nous faisons voir dans notre livre que loin d’avoir exploité le monde, le Judaïsme n’a fait que le servir en lui donnant, par les deux grandes religions qui sont ses filles, les moyens d’arriver à la civilisation. Mais, ajoute-t-on, ce qui a toujours maintenu le Juif au plus bas échelon de cette civilisation, c’est que tout pour lui se borne à ce monde et à ses jouissances immédiates. Il n’a pas foi en une autre vie. ”
Bernard Lazare,
Contre l’antisémitisme
“ Comment, vous qui êtes un révolutionnaire, un socialiste, pouvez-vous vous occuper de ce problème si restreint de l’antisémitisme, qui sera résolu le jour où l’on résoudra tous les autres ? J’examinerai cette objection quelque jour — chaque chose doit avoir son temps — je me justifierai aux yeux de ces sincères doctrinaires et leur prouverai que les Juifs ne peuvent pas cependant se laisser manger en souhaitant uniquement l’âge d’or où tous les hommes seront frères. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Aujourd’hui, ceux qui se considèrent comme la plus haute incarnation du sémitisme, les Juifs, contribuent à perpétuer cette croyance à l’inégalité et à la hiérarchie des races. Le préjugé ethnologique est un préjugé universel, et ceux-là mêmes qui en souffrent, en sont les conservateurs les plus tenaces. ”
Eugène Manuel,
Mélanges en prose, publiés avec une introduction par Albert Cahen…
(1905)
“ En voilà bien long, Messieurs, quand je ne voulais arrêter votre attention que sur un seul préjugé, — l'antisémitisme, — qu'une étrange et dangereuse infiltration a fait circuler de nouveau dans les veines de ce généreux pays, comme, un germe infectieux, dont toutes les parties saines auraient à souffrir de proche en proche. Si ce préjugé est le plus odieux à l'heure qu'il est, parce que l'intolérance religieuse s'attaque au sanctuaire même de la conscience, il en est d'autres qui paralysent bien lourdement la marche de l'humanité, et dont on pourra ici môme vous parler un jour. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Maintenant, laissons le vieil antijudaïsme et ne nous occupons que de l’antisémitisme moderne. Produit d’une action de l’exclusivisme national et d’une réaction de l’esprit conservateur contre les tendances issues de la Révolution, toutes les causes qui l’ont amené ou conservé peuvent se ramener à une seule : les Juifs ne sont pas encore assimilés, c’est-à-dire qu’ils croient encore à leur nationalité. ”
Rabbin Simon Levy, Moïse, Jésus et Mahomet
“ L’immatérialité du Créateur, mais une immatérialité jalouse, cela sauvera toujours le juif et l’humanité, si elle le veut avec lui, des chutes dans la corruption de tout genre. Vraiment, peut-on comprendre que des fidèles qui ont dans leur doctrine religieuse de semblables principes, puissent, de nos jours où on exalte ces mêmes principes, être montrés au doigt, et désignés à la vindicte et à la persécution de la masse ignorante, obéissant à un mot d’ordre dicté par ce que l’on appelle l’antisémitisme ? ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Or, les Juifs, « ces enfants vieillottement sages de l’antiquité, n’ont pas dépassé l’état d’âme nègre. Malgré toute la subtilité et toute la force de leur sagacité et de leur intelligence qui se rend maîtresse des choses avec un facile effort et les contraint à servir l’homme, ils ne peuvent découvrir l’esprit qui consiste à tenir les choses pour non avenues. » Nous trouvons une autre forme de l’antisémitisme philosophique dans Dühring, une forme plus éthique que métaphysique. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Lorsque le judaïsme fut combattu par le christianisme naissant, toute la haine et toute la colère des sicaires, des patriotes, des pieux se reversa sur les Juifs qui se convertissaient : sur les minéens. En désertant la foi nationale, ils désertaient le combat contre Rome et contre l’étranger, ils étaient traîtres à la patrie, à la religion juive, ils se désintéressaient d’une lutte qui était vitale pour Israël ”
Bernard Lazare,
Contre l’antisémitisme
“ Les causes de l’antisémitisme sont multiples. Évidemment, à la base, il faut mettre la raison permanente et séculaire, l’antique, l’indéracinable préjugé, la vieille haine plus ou moins avouée, contre la nation déicide, chassée de la terre des aïeux, poussée de l’orient à l’occident, du midi au septentrion, la nation qui, pendant des siècles, fut, comme au soir de la sortie d’Égypte, les reins ceints de la corde, la main armée du bâton, prête à fuir par les routes inhospitalières à la recherche d’un sol ami, d’un abri accueillant, d’une pierre où pouvoir poser sa tête. ”
Louis Bernard, Conséquences de l'antisémitisme…
“ L'orgueil, voilà tout l'antisémitisme. On est toujours porté à croire un peu aux théories dont on attend des avantages et des profits et les antisémites en attendent de très grands de leurs doctrines. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Cette conception de l’état féodal reposant sur la communauté des croyances, l’unité de la foi, et aux avantages duquel hérétiques et incrédules ne peuvent participer, est en opposition avec la notion de l’état neutre et laïque, sur lequel se sont fondées la plupart des sociétés contemporaines. L’antisémitisme représente un côté de la lutte entre les deux formes d’état dont nous venons de parler. Le Juif est le vivant témoignage de la disparition de cet état qui avait à sa base des principes théologiques, état dont les antisémites chrétiens rêvent la reconstitution. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Peuple énergique, vivace, d’un orgueil infini, se considérant comme supérieur aux autres nations, le peuple juif voulut être une puissance. Il avait instinctivement le goût de la domination puisque, par ses origines, par sa religion, par la qualité de race élue qu’il s’était de tout temps attribuée, il se croyait placé au-dessus de tous. Pour exercer cette sorte d’autorité, les Juifs n’eurent pas le choix des moyens. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Or, au milieu de toutes les nations de l’Europe, les Juifs existent comme une communauté confessionnelle, croyant à sa nationalité, ayant conservé un type particulier, des aptitudes spéciales et un esprit propre. Les nations, en luttant contre les éléments hétérogènes qu’elles contenaient, furent conduites à lutter contre les Juifs, et l’antisémitisme fut une des manifestations de cet effort que firent les peuples pour réduire les individualités étrangères. ”
Bernard Lazare,
L’Antisémitisme
“ Pendant ces années qui annoncent la Réforme, le Juif devint éducateur et enseigna l’hébreu aux savants, il les initia aux mystères de la cabbale, après leur avoir ouvert les portes de la philosophie arabe, il les munit, contre le catholicisme, de la redoutable exégèse que les rabbins avaient, durant des siècles, cultivée et fortifiée : cette exégèse dont saura se servir le protestantisme, et plus tard le rationalisme. Par un hasard singulier, les Juifs qui avaient, consciemment ou inconsciemment, donné des armes à l’humanisme lui fournirent le prétexte de sa première bataille sérieuse. ”
Yuwākīm Mubārak, Pentalogie islamo-chrétienne. 3… (1972-1973)
“ Il la somme plutôt de ne pas entendre la promesse à la manière de l'Israël charnel, provoquant l'antisémitisme chrétien, héritier du tout premier antisémitisme biblique, mais d'adhérer à un sémitisme plus spirituel et à une compréhension vraiment universelle de la promesse faite à Abraham, en raison de sa foi. L'islam demande aux juifs et aux chrétiens de s'entendre entre «gens de l'Écriture», la langue arabe retrouvant sa juste place dans la famille sémitique des langues de la Révélation, pour faire triompher les droits de Dieu sur la cité temporelle. ”
