“ L’œuvre du Mahdi, pour les milliers d’humbles qui se font tuer à sa voix, et probablement pour lui-même, c’est l’avènement de la justice. Rappelez-vous la définition du Mahdi par le Prophète : « Un homme qui remplira la terre de justice, autant qu’elle est remplie à présent d’iniquité. » L’idée révolutionnaire chez nous, l’idée messianique chez les musulmans, c’est le même instinct, la même aspiration, chez nous sous forme laïque, là-bas sous forme religieuse, chez nous desséchée en formules abstraites et en raisonnements théoriques, là-bas à l’état natif et éclatante de visions surnaturelles. ”
James Darmesteter
Élements biographiques
James Darmesteter (1849–1894), philologue, iranologue et antiquaire français, marqua la recherche orientale par ses travaux sur le zoroastrisme, le vieux perse et l’Avesta. Spécialiste des relations entre les religions anciennes, il analysa les liens entre l’Inde, la Perse et le judaïsme, démontrant une approche interdisciplinaire qui combine mythologie, histoire des religions et philologie comparée.
Ses œuvres majeures, telles que Le Zend-Avesta et Les origines de la poésie persane, révèlent une rigueur scientifique et une profondeur analytique, tandis que ses essais, comme Le Mahdi, interprètent les aspirations messianiques à travers des cadres religieux et culturels variés. En s’appuyant sur des textes anciens et des comparaisons transculturelles, Darmesteter contribua à redéfinir les limites de la connaissance orientale, laissant une empreinte durable dans l’érudition moderne.
Citations de James Darmesteter
James Darmesteter,
Essais orientaux
“ Ainsi, puissance, sagesse, justice sont de tous temps en Zeus, dans celui d’Homère, comme dans celui de Cléanthe, dans celui des poètes comme des philosophes, dans le plus lointain du paganisme comme aux approches de la religion du Christ. Un dieu providentiel domine le Panthéon des Hellènes. Ce que Zeus est en Grèce, Jupiter l’est en Italie : le dieu qui est au-dessus des dieux. L’identité des deux divinités est si frappante que les anciens mêmes, devançant la mythologie comparée, la reconnurent tout d’abord. C’est le Dieu grand entre tous et bon entre tous, Jupiter Optimus Maximus. ”
James Darmesteter,
Nouvelles études anglaises
(1896)
“ Les tyrans en devenaient forts comme des démons, et, de tous côtés enveloppé d'ennemis, le pays harcelé devint fou ; le crime de quelques-uns devint la folie de tous : les souffles de l'enfer montaient sanctifiés comme les brises du ciel. Toute l'année, le carnage à l'intérieur faisait fête chaque jour; vieillards arrachés du coin de la cheminée, jeunes filles du sein de leur amour, mère, du berceau de leur enfant, soldats du champ de bataille, tous périssaient, tous amis, ennemis, de tout parti, tout âge, tout rang, tête après tète, et jamais assez au gré de ceux qui les faisaient tomber. ”
