André Mora

Élements biographiques

André Mora Polyphonies (1924)

Et l'amour menacé, l'angoisse de la mort Clangorent le grief de l'Esprit et du corps ;
Le vent des profondeurs bat ta vergue en pantenne Vieux brick, jette aux requins l'or de tes prétentaines !
Vogueur ! Que n'es-tu donc Magellan ou Vasco Pour fuir la terre étroite au cruel quiproquo
Et le port où ton âme isolée et transfuge Au retour des marées se souvient du déluge !...
Source : Gallica

André Mora Polyphonies (1924)

Les maisons chimériques, tulipes entr'ouvertes, Destins de fleurs, ô sirènes échevelées,
Les degrés d'émeraude ourlés de festons verts Croulant infiniment en nappes déferlées ;
Splendides villes qui naissez par milliers,
Salles de bal au lustres d'étoiles reflétées,
Et des frontons mouvants, des dômes, des piliers, Architecture fluide par un ciseau marin sculptée...
L'onduleuse forêt, frondaison diamantée,
Que creuse ton maelstrom, ô souffle de la joie, Et tout ce que la mer par Neptune hantée Elève sous la nue et que la houle noie !
Source : Gallica

André Mora Polyphonies (1924)

Noyez les maisons, tas de Morgues Où les joueurs sont décavés.
Le grand Baptême, par les rues Lave les corps suppliciés,
O luxure, reine déchue,
Voici le Fleuve justicier !
Le déluge que les prophètes Ont prédit va, dans son écume, Rouler la vanité des fêtes Et des bonheurs que nous vécûmes,
Et, dominant les eaux lustrales, Sépulcres des corps naufragés, — O vigueur des forces natales — Nos purs esprits vont surnager !
La mort me la ravit échevelée et livrée au sommeil d'un évanouissement, tandis que, retombé dans la vie, je tendais en vain les bras à l'ange qui s'envolait.
Source : Gallica

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