André Pons de l'Hérault

Élements biographiques

André Pons de l'Hérault Souvenirs et anecdotes de l'île d'Elbe

L'Empereur avait été ce qu'il était toujours dans les tête-à-tête sans discussion, plein de profondeur et de grâce, car personne au monde n'avait plus de savoir et plus d'amabilité que lui, lorsqu'il ne voulait être qu'aimable et savant. Un Anglais qui l'avait écouté avec admiration me disait: «Le général Kléber avait raison de lui adresser en Égypte ce bel éloge: «Vous êtes grand comme le monde», et ce n'est qu'ici à l'île d'Elbe, que j'ai pu justement me pénétrer d'une vérité aussi bien appliquée.»
Source : Gutenberg

André Pons de l'Hérault Souvenirs et anecdotes de l'île d'Elbe

L'Empereur était patriote, il était entièrement dévoué à l'honneur et à la gloire de la patrie. «La France avant tout» fut le sentiment de sa vie entière. Un sentiment pareil, excitant sans cesse son génie, conduisit facilement l'Empereur à lire dans l'âme de ce peuple factice, et il en connut bientôt tous les replis. Connaissance fatale qui lui fit juger l'homme par les hommes qui l'entouraient! Dès lors, il ne crut plus à la vertu, à la probité, au désintéressement; il ne vit l'espèce humaine qu'à travers le prisme trompeur des cours.
Source : Gutenberg

André Pons de l'Hérault Souvenirs et anecdotes de l'île d'Elbe

Entendons-nous. Je n'aimais pas l'Empire dans ses créations aristocratiques, dans son absolutisme, dans son peu de respect pour les lois, dans son éloignement du peuple, dans sa fourmilière de trônes, dans la bassesse de son Sénat, dans le mutisme de ses députés, dans l'inquisition de sa censure, dans ses actes contre la liberté individuelle, mais j'aimais l'Empire au-dessus de tous les empires et quelquefois j'élevais l'empereur Napoléon, à Vienne, à Berlin, au niveau du général Bonaparte de Rivoli ou des Pyramides.
Source : Gutenberg

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