Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes Rémusat

Élements biographiques

Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes Rémusat Lettres de Mme de Rémusat, 1804-1811… (1881)

Oh ! l'absence, l'absence, quelle tristesse! et à quoi bon?
Les hommes font de leur bonheur comme de leur fortune; on les gaspille l'un et l'autre pour un avenir douteux, auquel on sacrifie le présent, seul certain. On perd trois, quatre mois de son année à vivre loin de ce qu'on aime ; on donne les écus de six francs sans y regarder, et, sans y avoir pris garde, la vie et le bien se sont passés et perdus.
Voici la troisième fois, cher ami, que je vous écris depuis votre départ; mais je n'y trouve pas encore grand plaisir, parce que l'inquiétude des chemins est ma pensée habituelle.
Source : Gallica

Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes Rémusat Lettres de Madame de Rémusat, 1804-1811… (1881)

Mon ami, qu'elle est aimable, ma mère, et que son esprit est bon à retrouver dans l'habitude de la vie! Chacun des pas que je fais dans le monde, augmente en moi les sentiments, je dirais presque d'admiration, que m'inspirent son caractère, cette égalité, cette douce raison, cette inépuisable -gaieté. Ces jours-ci, comme moi, elle était inquiète de ta santé; mais, s'efforçant de surmonter son chagrin, quand elle me voyait pleurer, elle arrêtait mes larmes, et me forçait à rire de ses aimables folies. Je lui disais, hier, une grande vérité : c'est que je l'aime tous les jours davantage.
Source : Gallica

Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes Rémusat Lettres de Mme de Rémusat, 1804-1811… (1881)

D'ailleurs, mon ami mon cœur est si plein! J'arrive de Saint-Gratien; je viens de faire mon petit pèlerinage, et, malgré la nombreuse société qui m'accompagnait, j'ai trouvé le moyen de m'échapper, pour me livrer à mes chers souvenirs. En parcourant ce joli jardin, j'ai tout retrouvé, tout senti. Il me semblait que ces années de bonheur se renouvelaient toutes encore pour moi. Il y a de la peine et du plaisir dans ces émotions, que je sens d'autant plus vivement que je suis séparée de ce que j'aime, et que personne ne peut les partager avec moi.
Source : Gallica

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