Grazia Deledda,
Âmes honnêtes
(1899)
“ Quand il se fut rapproché d'Anna, il lui sembla sacrilège de la toucher, ne serait-ce qu'avec un doigt. Il vit les mains de la jeune fille, éclairées toutes deux par le soleil dans ce moment, et il s'avoua ne les avoir jamais remarquées. Oh! quelles jolies mains de dame! Et lui, il était un paysan! Oui, Gonario devait l'aimer! Gonario était un monsieur, il fallait qu'il se mariât avec Anna. Sebastiano continua tout haut son raisonnement, avec un amer sourire : — Après tout, Anni, je suis un sot, tu as raison. S'il t'aime, c'est un excellent parti, mais, vraiment a-t-il de bonnes intentions? ”

