M. le contre-amiral de Penfentenyo

Élements biographiques

M. le contre-amiral de Penfentenyo Revue des Deux Mondes

La marine d’escadre, si onéreuse qu’elle soit, n’est pas un luxe ; elle est une nécessité de tout premier ordre pour une puissance qui veut posséder et défendre de vastes domaines à l’extérieur. L’Allemagne le comprend à merveille ; c’est avec un parfait à-propos que son empereur a pu s’écrier récemment : « Quelle magnifique part du gâteau chinois nous aurions pu nous tailler, si nous n’avions pas attendu si tard pour nous donner la flotte de guerre qui nous manque ! »
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Volontiers, comme Énée, ils brûleraient leurs vaisseaux.
Les Anglais, peuple insulaire, raisonnent tout autrement. Bien loin d’être un obstacle, la mer est pour eux la grande voie de communication qui rapproche tous les peuples en temps de paix, la grand’route dont la possession assure la suprématie en temps de guerre, parce que la liberté de l’Océan est la seule base de toute opération militaire à l’extérieur. Cette conception du rôle de la mer a été, est et restera toujours un des facteurs les plus importans de la terrible expansion de la race anglo-saxonne.
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Cet état-major spécial n’eût statué de concert avec celui de la flotte, et sous la présidence d’un marin, que pour les opérations combinées, parce que ce genre d’opérations comporte toujours des questions de métier que les marins sont seuls à connaître ; en s’éloignant des rivages, hors de portée de nos canons, l’armée coloniale n’eût relevé que de ses chefs naturels. Avec le rattachement à la Guerre, au contraire, le principe de l’autonomie semble bien compromis, quelque soin que l’on prenne de confier à la loi les clefs des portes de pénétration de l’armée métropolitaine.
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