Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, Saint-Amant, les plus belles pages
“ Moïse le reçoit : à la lutte ils se nouent, Ramassent leur vigueur, des mains s’entre-secouent, Soufflent, grincent les dents, déchirent leurs habits. De leurs yeux enflammés font d’étranges rubis, Tentent mille desseins, et, redoublant leurs forces, Se donnent l’un à l’autre entorses sur entorses ; Ils changent de posture, ils brûlent d’action. Et l’eau que rend leur corps en cette oppression Montre qu’ils n’ont en eux muscle, artère, ni veine, Ni nerf, qui ne frémisse et ne s’enfle de peine ; Et mon œil agité voit en leur mouvement Leurs pas sur le sablon empreints confusément. ”
