“ L’amour, alors, brilla comme un soleil aux barreaux de sa prison ; toute son existence passée lui parut vaine, et toutes ses ambitions, enfantées par l’orgueil. La « vie véritable » se révélait à lui, la vraie lumière, le vrai bonheur. Jusqu’à ce jour, il n’avait connu que le travail solitaire, les repas au restaurant, les flâneries au café, le carnet de la blanchisseuse, les mille ennuis d’un ménage de garçon, et, au lieu d’amour, le souvenir écœuré des lendemains de débauche... Un petit héritage lui permit d’épouser Marthe et de se consacrer à la littérature. ”
Citations de Maximilien Blieck
“ La ville est noire de monde, un même sentiment domine la foule agitée : la colère, l’indignation, la rage, une rage qui se répand comme le feu. Tous les cœurs brûlent ; la peur a disparu ; d’un bond, chacun passe de l’abattement à l’enthousiasme du sacrifice. Des groupes se forment ; on se serre les uns aux autres, avec cet instinct de défense qui unit les faibles à l’heure du danger. Dans un café, où des consommateurs frappent du poing sur les tables, Philippe, accoudé, relit la nouvelle tragique, les paumes aux oreilles, pour s’isoler des apostrophes et des discours. ”
“ Mais elle n’en put exclamer davantage. Ses lèvres tremblèrent ; balbutiante, elle étreignit Marthe avec effusion ; et, serrant les mains de Philippe, embrassant Lysette, elle dit à voix basse, comme on parle dans un couvent : — Quelle surprise !... Que Lucienne sera contente !... Nous désespérions de vous revoir ! Lucienne lisait dans une petite pièce dont elle aimait la solitude. À l’apparition des Héloir, elle laissa tomber son livre. Bien que son visage fût dans l’ombre, chacun s’aperçut qu’il se décolorait. — C’est nous ! dit Marthe, avec un sourire mouillé. ”
