Pierre Quercy

Élements biographiques

Pierre Quercy Les hallucinations (1936)

Tout objet est toujours plus ou moins caché, même quand il s'offre le mieux à notre meilleure perception ; et il y a infiniment plus dans une couleur que dans sa perception la plus riche. Quand l'objet se cache dans la distance, dans la brièveté de son passage, dans l'ombre ou la confusion, il cesse pour nos sens d'être lui-même, il s'appauvrit de toutes parts, il perd la souveraineté de sa Forme, il perd ce qui le distingue, de « Gestalt » devient « Ungestalt », devient ombre ou schéma, devient aussi de plus en plus ambigu, ressemble à des objets de plus en plus divers.
Source : Gallica

Pierre Quercy Les hallucinations (1936)

L'aveugle ordinaire, frappé à l'œil, non au cerveau, garde longtemps images et rêves visuels ; mais sa vue n'est plus excitée du dehors par le réel ; et ses hallucinations perdent peu à peu relief, couleur, lumière. Privé de lumière objective il cesse lentement de créer des lumières subjectives. Qu'advient-il chez l'aveugle-né, quand rétine et cerveau visuel n'ont jamais fonctionné, quand la vision est restée en puissance ? L'aveugle-né n'aurait jamais de visions. Prêt, si on l'opère, à voir la lumière objective, il ne verrait jamais, avant, la lumière hallucinatoire.
Source : Gallica

Pierre Quercy Les hallucinations (1936)

Dormant au théâtre, au cours ou à la messe, on rêve d'objets lointains. La sensation élue par le rêve, assez faible pour laisser dormir, suffisante pour faire rêver, suggère le rêve mais n'y entre pas. L'affreuse soif, qu'éteint l'agonie, se transfigure en le délice de l'eau fraîche ; le mal de gorge virtuel induit un rêve visuel ; tel rêve de lévitation est si peu fait de mouvements respiratoires qu'il se les subordonne, sentis par le rêveur comme éléments des élans et des angoisses de son vol ; la bonne au bébé ne croit pas de son rêve que le bruit des cris de l'enfant est ce qu'elle a vu.
Source : Gallica

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