“ « Je t’aimais, Atthis, autrefois... » Je me plais à croire qu’elle fut la Beauté fugitive de l’Ode à l’Aphrodita et de l’Ode à une Femme aimée, à laquelle la tradition attache le nom d’Anactoria. Tsappha s’éprit de toutes les magnificences de la nature : elle aima les fleurs, l’étoile du soir, l’hyacinthe meurtrie qui se fane sur la montagne, la pomme qui s’épanouit sur les plus hautes branches et que la convoitise des passants n’a pu atteindre, semblable à l’inaccessible et désirable virginité, et le duvet de l’herbe du printemps, que foulent en dansant les femmes de la Crète. ”
Sappho
Élements biographiques
Sappho, poétesse lyrique grecque du VIIe au VIe siècle av. J.-C., résidait à Mytilène sur l’île de Lesbos, où son œuvre, transmise par fragments, a façonné l’imaginaire littéraire antique et moderne. Son lyrisme intense, marqué par l’amour des femmes, la nature et les émotions personnelles, se distingue par une clarté linguistique et une force émotionnelle rare.
Les thèmes de l’attirance féminine, de l’idéalisation de la beauté et des conflits sociaux trouvent leur expression dans des poèmes comme L’Ode à Aphrodite ou Les Petits poèmes grecs, illustrant une voix unique dans la tradition grecque. Son héritage, à l’origine du terme « saphique », résonne encore dans la littérature et les études culturelles.
Citations de Sappho
Sappho,
Les Petits poèmes grecs
“ Les dédains de la tendre et de la délicate Gyrine ont enfin déterminé mon cœur pour la belle Mnaïs... L’amour agite mon cœur comme le vent agite les feuilles des chênes sur les montagnes... Je volerais sur le sommet élevé de vos montagnes et je m’élancerais entre tes bras, toi pour qui je soupire... Tu m’enflammes... tu m’oublies entièrement, ou tu en aimes un autre plus que moi... Mets des couronnes de roses sur tes beaux cheveux ; cueille avec tes doigts délicats les branches de l’aneth... La jeune beauté qui cueille des fleurs en paraît encore plus charmante et plus belle... ”
“ La terre d’où jaillit une fleur sans pareille est, en vérité, la patrie de la volupté et du désir, une Ile amoureuse que berce une mer sans reflux, au fond de laquelle s’empourprent les algues. Les Lesbiens avaient l’attrait bizarre et un peu pervers des races mêlées. La chevelure de Psappha, où l’ombre avait effeuillé ses violettes, était imprégnée du parfum tenace de l’Orient, tandis que ses yeux, bleus comme les flots, reflétaient le sourire limpide de l’Hellas. Ses poèmes sont asiatiques par la violence de la passion, et grecs par la ciselure rare et le charme sobre de la strophe. ”
