comtesse Céleste Vénard de Chabrillan

Élements biographiques

comtesse Céleste Vénard de Chabrillan Mémoires de Céleste Mogador, Volume 3

Sais-tu ce que c’est que le désespoir? c’est le cœur déchiré, c’est le rêve évanoui, c’est le réveil à la réalité. Eh bien! Céleste, voilà ce que j’ai aujourd’hui. Tu m’as trompé cinq ans, jusqu’au jour où tu as été sans pitié. Que m’importe aujourd’hui l’avenir, la misère? Oh! je sais ton raisonnement; tu n’as même pas pitié de moi.—J’ai ma famille, dis-tu, qui viendra à mon secours; mais tu ne sais donc pas que quand je mourrai, ma famille ne le saura que trois mois après.—Et puis, je ne veux rien; où donc serait le prix de mes sacrifices pour toi, si j’avais compté sur les autres?
Source : Gutenberg

comtesse Céleste Vénard de Chabrillan Mémoires de Céleste Mogador, Volume 1

Le cœur et l'âme sont morts. Il ne reste qu'une machine, mais cette machine est couverte de cachemires, de dentelles et de diamants. Quand je serais mille fois plus jolie, que ferais-je de ma beauté et de ma jeunesse à côté d'elles? Je ne suis pas laide à faire peur; j'espère même être mieux dans un an ou deux: j'attendrai. J'ai une volonté de fer; je deviendrai comme Louisa Aumont.
—Qu'est-ce que c'est que Louisa Aumont?
—Louisa Aumont! c'est ma rivale.
Et je lui racontai toute la scène de la soirée de Versailles, l'humiliation que j'avais subie, et l'abandon où m'avait laissée M. Adolphe.
Source : Gutenberg

comtesse Céleste Vénard de Chabrillan Mémoires de Céleste Mogador, Volume 3

Allez, allez, Céleste, c’est plus que de l’infamie, c’est de la monstruosité. Vous ne vous êtes servie de moi que pour arriver à vos fins. Eh bien, je ne fais qu’un vœu, c’est qu’au moins ce que j’ai fait vous profite. Pensez quelquefois qu’il y a de par le monde un homme que vous avez condamné à plus que la mort, et que cet homme n’a pour vous sur les lèvres que des paroles d’amour et de pardon. Le monde ne rira pas de lui; il mourra, mais de misère et de désespoir. Jusque-là il est seul, seul avec ses rêves évanouis, sans personne à qui il puisse dire: Je souffre, car je l’aime!
Source : Gutenberg

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