A. A. de Mokeevsky

Résumé

A. A. de Mokeevsky Revue des Deux Mondes

En effet, celle-ci assure aux feux qui la composent le droit de possession de leurs parcelles, sans toutefois leur laisser une entière liberté dans l’exploitation de la terre. Or, chaque modification du faire valoir, même la plus insignifiante, devient difficile ou impossible, dès que le propriétaire est privé d’initiative et n’a pas la certitude d’un travail productif, c’est-à-dire dont les résultats acquis lui soient garantis. Supprimer ces motifs d’activité, c’est affaiblir ou anéantir l’impulsion qui pourrait entraîner les paysans à réaliser une innovation quelconque.
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Si ces qualités vivifiantes étaient vraiment liées à la propriété collective comme elles le sont à la propriété individuelle, il y avait tout lieu pour elles de se manifester avec force sur l’exploitation communale, où le mir gère le nadiel mais c’est précisément là, tout au contraire, que règnent les méthodes archaïques rebelles à tout progrès, telles que l’assolement triennal, avec le pâturage en commun sur les jachères et les chaumes.
La gérance du sol par le mir se borne presque exclusivement au souci de fixer le lot de terre revenant à chaque membre de la commune.
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Ainsi, l’initiative d’un paysan, même si elle s’exerce sur les objets les plus restreints, ne saurait aboutir à des résultats vraiment utiles que par l’éducation préalable de tous les propriétaires des terres contiguës à la sienne. Il ne suffirait pas à un paysan novateur de gagner à sa cause un groupe plus ou moins important de membres de sa commune. Leurs efforts réunis n’aboutiraient qu’à d’inutiles sacrifices matériels et ne seraient que peine perdue, attendu que les inconvéniens signalés subsisteraient, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
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