Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Ne veillons-nous pas seuls près d’un temple abattu, Sur des tombeaux divins qu’on brise et qu’on insulte ? Prêtres d’un ciel muet, naufragés d’un grand culte, Héritiers incertains d’un antique trésor, Sans force et dispersés, que te faut-il encor ? Oui, les temps sont mauvais, non pas pour ton église, Mon père, mais pour nous que ton orgueil méprise, Pour nous qui n’enseignons, dans notre abaissement, Que l’étude, la paix et le recueillement. Tourne au passé tes yeux ; rappelle en ta mémoire Les destins accomplis aux jours de notre gloire. Nos Dieux n’étaient-ils donc qu’un rêve ? ”
