Résumé

Paul Laffitte Le Grand Malaise des sociétés modernes et son unique remède

Ce n’est pas ici seulement que l’argent prime toute autre valeur ; mais parce qu’elle possède seule le pouvoir de conférer la perpétuité, la propriété foncière contribue à assurer à l’argent cette persistance de l’idée de suprématie. Vos lois, vos mœurs, vos préjugés, rien n’est fait pour aider l’homme d’un talent ou d’une supériorité quelconques, tout pour protéger l’homme riche. Or, de l’artiste au savant, de l’ouvrier au commerçant, une société ne grandit et ne prospère que par ses as, c’est-à-dire par une élite de maîtrise.
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Paul Laffitte Le Grand Malaise des sociétés modernes et son unique remède

L’amour du paysan pour la terre, sa ténacité à mettre toutes ses économies dans de nouvelles acquisitions foncières n’a pas d’autre cause : le domaine partagé au décès du père, chacun des enfants s’efforcera de le reconstituer, tout au moins à la limite de la propriété qui permet de vivre des fruits du sol. Entre le champ du voisin et l’instrument agricole qui lui permettra de perfectionner son exploitation, il n’hésitera pas : il achètera de la terre et s’en tiendra, pour son matériel rural, aux seules machines que le défaut de main-d’œuvre rend indispensables.
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À vrai dire ce moyen de faire fortune est aussi ancien que la propriété perpétuelle. La plupart des vieilles fortunes du monde n’ont pas d’autre cause. C’est la possession prolongée depuis la conquête normande qui a fait les plus grandes fortunes territoriales d’Angleterre. La possession prolongée, il n’est pas de formule plus certaine pour faire fortune ; il n’en est pas non plus de moins pénible. On pourrait dire, en transposant un mot heureux de Charles Gide, que le propriétaire est roi, mais que c’est un roi fainéant.
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