Résumé

A. Fouillée Revue des Deux Mondes

La société est un véritable organisme dont nous sommes les cellules vivantes. En second lieu, la psychologie nous le montre, nous n’existons intellectuellement que par la société : la pensée est un langage, et le langage est la société même agissant sur nous, formant l’individu à son image, pour elle en même temps que pour lui. Chaque mot d’une langue, signe d’une idée, est la propriété collective de la race entière, transmise de génération en génération comme une pièce d’or dont les siècles n’ont pu effacer l’effigie.
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A. Fouillée Revue des Deux Mondes

Le communisme absolu et initial est aussi faux et aussi abstrait que l’individualisme absolu. L’accepter, ce n’est pas seulement supprimer en principe la propriété individuelle ou familiale, c’est supprimer aussi la propriété nationale : c’est prétendre que la terre de France n’appartient pas aux Français plus qu’aux Allemands ou même aux Chinois, que le sol est le patrimoine de l’humanité entière, et non-seulement de l’humanité présente, mais de l’humanité à venir.
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A. Fouillée Revue des Deux Mondes

La partie de l’intérêt qui ne se résout pas en remboursement de frais et en salaire du travail ou du capital est une sorte de rente et de plus-value. Mais cette observation même prouve ce qu’il y a de chimérique dans le socialisme qui s’attaque à la rente. Ici encore nous demanderons aux socialistes comment ils espèrent, en tout profit et, pour être logique, en toute perte, faire la part de l’individu et la part qu’on pourrait appeler sociale ? Quelle utopie que de vouloir supprimer dans les choses humaines la part de l’alea, de la chance et du hasard !
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