Alexeï Tolstoï

Résumé

Alexeï Tolstoï Revue des études slaves

L’affreuse vérité se dressa devant moi dans toute sa laideur, et je me souvins trop tard des avertissements de l’ermite. Je compris combien ma position était précaire et je sentis que tout dépendait de mon courage et de mon sang-froid. Je me détournai de Sdenka pour lui cacher l’horreur que mes traits devaient exprimer. Mes regards, alors, tombèrent sur la fenêtre et je vis l’infâme Gorcha, appuyé sur un pieu ensanglanté et fixant sur moi des yeux de hyène. L’autre fenêtre était occupée par la pâle figure de Georges, qui dans ce moment avait avec son père une ressemblance effrayante.
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Alexeï Tolstoï Revue des études slaves

Le vieux se pencha sur moi et approcha sa figure livide si près de la mienne que je crus sentir son souffle cadavéreux. Alors, je fis un effort surnaturel et me réveillai, baigné de sueur. Il n’y avait personne dans ma chambre, mais, jetant un regard vers la fenêtre, je vis distinctement le vieux Gorcha qui au-dehors avait collé son visage contre la vitre et qui fixait sur moi des yeux effrayants.
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C’était une bonne et honnête famille. Georges, l’aîné des deux fils, aux traits mâles et bien marqués, paraissait un homme sérieux et résolu. Il était marié et père de deux enfants. Son frère Pierre, beau jeune homme de dix-huit ans, trahissait dans sa physionomie plus de douceur que de hardiesse, et paraissait le favori d’une sœur cadette, appelée Sdenka, qui pouvait bien passer pour le type de la beauté slave. Outre cette beauté incontestable sous tous les rapports, une ressemblance lointaine avec la duchesse de Gramont me frappa de prime abord.
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