Augustine Éléonore de Pons

Résumé

Augustine Éléonore de Pons Un épisode du temps de la Terreur (1857)

On a compté dix-neuf cents prisonniers dans la prison du Plessis, et il ne se passoit pas de jour où on ne menât à la mort quinze ou vingt personnes. On ne peut se figurer l'effroi et la consternation que répandoit chaque jour l'arrivée de l'infâme huissier. C'étoit toujours à l'heure de notre triste promenade : — lorsque l'horrible voiture entrait dans la cour, et que l'huissier paroissoit suivi de gendarmes, la mort se peignoit sur tous les visages ; chacun se retirait dans sa chambre, et regardoit seulement à travers les barreaux le côté de la prison vers lequel il dirigeoit ses pas.
Source : Gallica

Augustine Éléonore de Pons Un épisode du temps de la Terreur (1857)

Nous arrivons au coup de minuit à la porte du Plessis, qui s'ouvrit, en frémissant sur ses énormes gonds. Alors le valet de chambre de maman, qui m'avoit suivi à pied depuis Chantilly, s'en alla tristement dire à mon père l'arrivée et le domicile de sa fille. — Nous avions entendu, en entrant au Plessis, des propos fort peu rassurans de la part d'un homme qui rôdoit autour de nous. — Après avoir traversé les voûtes et la cour, on nous arrête ; alors nos gardes nous aidèrent à sortir des charrettes où nous ne pouvions plus tenir de lassitude. Il n'avoit encore paru ni concierge, ni gardiens
Source : Gallica

Augustine Éléonore de Pons Un épisode du temps de la Terreur (1857)

Elle partit, et Martin la fit mettre dans une prison de Paris, séparée de son mari.
Il y eut bientôt un nouveau départ de trente détenus ; chacun frémissoit pour sa mère, pour sa femme, pour ses amis, on n'osoit ni se parler, ni presque se regarder, et la douleur se peignit, sur tous les visages. Ce fut dans ce temps-là qu'on établit la table commune ; pour peu qu'on ail été en prison, on sait ce que cela signifie, c'est-à-dire qu'on nous fit mourir de faim en commun.
Source : Gallica

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