Charles Chabot

Résumé

Charles Chabot Les droits de l'enfant (1922)

La volonté qui s'affirmera progressivement en lui n'est que l'imitation intérieure, lentement fixée en habitude héréditaire, de la contrainte ou de l'autorité sociale. C'est le moi social qui est le vrai, et qui, manifestement du reste, prend de plus en plus d'importance, jusqu'à absorber les tendances individuelles, antisociales des temps grossiers, de l'animalité humaine. L'enfant d'aujourd'hui a été, au prix d'un long effort, enfanté par la Société; c'est d'elle qu'il tient, comme d'une mère, tout ce qu'il est, et c'est à elle qu'il doit, plus qu'à une mère, tout ce qu'il peut être.
Source : Gallica

Charles Chabot Les droits de l'enfant (1922)

Il n'est ni un pur commencement, ni une fin absolue à quoi tout devrait être rapporté : il porte le passé vers l'avenir.
L'enfant est donc un faible qui n'est faible que pour un temps, destiné à devenir fort, doué dès maintenant de la force merveilleuse qui le fait croître. Il tend à l'avenir de tout l'élan de la vie qui s'annonce et s'affirme en lui. N'a-t-il pas par là même droit à recevoir, s'il ne peut les atteindre seul, les moyens de vivre et de grandir ? Non, cela ne suffit point à fonder un droit, s'il ne s'agit que d'un élan de vie animale et de l'intérêt d'un nouveau-venu.
Source : Gallica

Charles Chabot Les droits de l'enfant (1922)

Et la civilisation, par l'instruction précoce qu'elle lui donne, favorise elle-même une émancipation plus hâtive; de bonne heure il sait plus que le père et la mère, qui n'ont qu'à se taire et à abdiquer : à lui le droit de parler et de décider. Ainsi, n'ayant d'abord aucun droit, il en reçoit de la nature; à mesure qu'il grandit, jusqu'à l'âge où, avec toute sa force, il a tous les droits, non seulement d'un être libre, mais d'un maître. Et de même dans la société des enfants. Chacun n'a de droits que sur ceux qui sont plus jeunes ou plus faibles.
Source : Gallica

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