Résumé

Charles Morice Paul Gauguin (Nouvelle édition… (1920)

« J'y ai mis toute mon énergie, écrivait-il à Daniel de Montfreid, une telle passion douloureuse, dans des circonstances terribles, et une vision tellement nette, sans corrections, que le hâtif disparaît et que la vie surgit. »
Que cette œuvre soit ou non la plus belle des œuvres de Gauguin, elle est à coup sûr parmi les très belles, parmi celles où l'on ne peut méconnaître la main d'un maître. Je n'en sache pas, en outre, qui soit plus chargée d'effluves spirituelles : à peine l'artiste a-t-il besoin de nous avertir qu'il a voulu, dans cette page étonnante, crier toute sa pensée.
Source : Gallica

Charles Morice Paul Gauguin (Nouvelle édition… (1920)

L'artiste prima l'homme, pourtant, et l'opprima jusqu'à exiger de lui un sacrifice total et sans retour. Mais l'homme consentit parce qu'il avait de la vie une conception exactement identique à celle que l'artiste avait de l'art. Dans la splendeur de vivre comme dans la splendeur de produire, Gauguin procédait exclusivement de l'absolu. Hors tout, il ne voulait rien. La vie ne lui accordant pas tout, il décida de ne plus lui demander rien, il s'enferma dans son art et l'artiste poursuivit seul le rêve orgueilleux auquel l'homme, volontairement, renonçait.
Source : Gallica

Charles Morice Paul Gauguin (Nouvelle édition… (1920)

Au contraire, il n'est pas d'artiste plus respectueux d'elle, mais d'elle en vérité, et non pas du mensonge que les académies prétendent nous imposer sous son nom. — De quoi est-elle faite, la Tradition, sinon des affirmations concordantes des grands génies qui se répondent à travers les siècles et les races, proclamant, avec l'éloquence des chefs-d'œuvre, toujours les mêmes affirmations ? Le timbre de la voix change, les paroles restent identiques. Mais les génies sont rares. La nature et l'histoire les méditent longtemps avant de les accorder au monde.
Source : Gallica

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