Résumé

René Schneider L'art français, XIXe et XXe siècles… (1930)

Non que l'Impressionnisme chasse l'ombre, qui est elle aussi un phénomène lumineux. Mais il l'évite, et, quand elle est là, elle n'est plus, comme le croyaient Géricault et Courbet, d'essence noire, opaque, bouchée. Il n'y a pas d'ombre noire dans la Nature, sauf la nuit, qui exclut la peinture. L'ombre est toujours transparente, toujours lumineuse et colorée. Pour la première fois en 1867 des ombres bleues errent sur le visage des Dames au Jardin, de Claude Monet. Découverte précieuse de l'art humain attentif au monde! Une vision nouvelle se lève.
Source : Gallica

René Schneider L'art français, XIXe et XXe siècles… (1930)

Car ce qui fait la personnalité d'un art, c'est la vision, non seulement de l'être humain mais du milieu où il se meut, de l'espace, soit capté en ses trois dimensions, soit privé de la plus substantielle, la profondeur. L'art d'Occident, surtout depuis la Renaissance, était avide de profondeur.
Sa vision monoculaire creuse la toile ou le bas-relief, fait fuir les lignes et les plans, diminue graduellement les volumes. C'est la fameuse perspective géométrique, qui travaillait déjà le Moyen Age, enchanta les florentins, l'École classique de l'Académisme, tout l'art français jusqu'à Courbet.
Source : Gallica

René Schneider L'art français, XIXe et XXe siècles… (1930)

Regardons le monde moderne, le seul réel, seul sujet de peintre puisqu'il est sous nos yeux avec son rythme propre et sa couleur neuve. C'est
un immense événement que ce sens de l'actuel. De Courbet à Manet, à l'Impressionnisme, à Degas, il va être la loi de l'art français. Courbet veut faire de « l'Art vivant ». Le présent désormais chasse les siècles. Nous savons maintenant découvrir sa beauté, même celle du paletot, que Diaz avait en horreur et que Delacroix n'a peint qu'une fois, en 1830, le jour de la « Liberté ». Baudelaire le dit, le crie : il y a un Héroïsme de la vie moderne.
Source : Gallica

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