Résumé

Avant et après : avec les vingt-sept dessins du manuscrit original (1923)

Peau de bique l'enveloppe, bonnet de fourrure, — du lapin sans doute, — la barbe rousse hérissée. Tel un bouvier.
Ne soyez pas observateur à demi et malgré le froid ne passez pas votre chemin sans examiner avec soin la main blanche et harmonieuse, l'œil bleu si clair, si enfant. C'est un pauvre gueux assurément.
Il se nomme Vincent Van Gogh.
Hâtivement il entre chez un marchand de flèches sauvages, vieille ferraille et tableaux à l'huile à bon marché.
Pauvre artiste ! tu as donné une parcelle de ton âme en peignant cette toile que tu viens vendre.
Source : Gallica

Avant et après : avec les vingt-sept dessins du manuscrit original (1923)

Là, s'est dit Degas, tout est faux, la lumière, les décors, les chignons des danseuses, leur corset, leur sourire. Seuls vrais, les effets qui en découlent, la carcasse, l'ossature humaine, la mise en mouvement, arabesques de toutes sortes.
Que de force, de souplesse et de grâce, à un certain moment le mâle intervient avec série d'entrechats, soutient la danseuse qui se pâme. Oui elle se pâme, ne se pâme qu'à ce moment-là. Vous tous qui cherchez à coucher avec une danseuse n'espérez pas un seul instant qu'elle se pâmera dans vos bras. C'est pas vrai : la danseuse ne se pâme que sur la scène.
Source : Gallica

Avant et après : avec les vingt-sept dessins du manuscrit original (1923)

Rien n'est noir et rien n'est gris. Ce qui semble gris est un comp osé de nuances claires qu'un œil exercé devine. Qui peint n'a point pour tâche comme le maçon de bâtir, le compas et l'équerre à la main, sur le plan fourni par l'architecte. Il est bon pour les jeunes gens d'avoir un modèle, mais qu'ils tirent le rideau sur lui pendant qu'ils le peignent. Mieux est de peindre de mémoire, ainsi votre œuvre sera vôtre, votre sensation, votre intelligence et votre âme survivront alors à l'œil de l'amateur.
Source : Gallica

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