Charles d' Héricault

Charles d' Héricault

Résumé

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault La Reine sauvage, par Charles d'Héricault (1869)

Tout à coup une vive rougeur envahit ses joues ; ses lèvres s'agitèrent en tremblant, et son regard s'arrêta avec une fixité étrange sur le verre rempli de roses.
— Oh ! dit-il en essuyant son front chargé de sueur, pauvre tête ! C'est ce niais de Clovis qui, pour la première fois de sa vie, a eu une attention pour moi. Mais c'est étrange comme cela m'a remué. Ces fleurs, là, si inattendues, sur le portrait de Louisa! Il me semblait, oh ! le fou ! que c'était l'amour nouveau qui sortait de la tombe de l'amour mort !
Source : Gallica

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault La Reine sauvage, par Charles d'Héricault (1869)

Il revint vers elle et lui demanda d'une voix que l'angoisse rendait sourde :
— Vous n'avez donc rien à me dire ?
Jeanne leva ses yeux remplis de larmes et fit un geste négatif.
Gaston se releva, avança vers la porte en trébuchant, et resta, comme hébété, le front appuyé contre le lambris.
Il se retourna encore, courut vers la jeune fille, se précipita comme un fou à ses pieds et lui dit d'une voix entrecoupée par les sanglots :
— Jeanne, Jeanne, je vous en supplie ! Vous êtes si élevée au-dessus de toute femme, et moi, si abattu, si humilié; je vous en supplie, dites-moi un mot !
Source : Gallica

Portrait de Charles d' Héricault Charles d' Héricault La Reine sauvage, par Charles d'Héricault (1869)

La jeune fille passa vivement sous le bras de Gaston une des mains qu'elle appuyait sur son épaule, et le ramena plus près encore de la falaise.
— Oui, soutenez-moi. C'est bien beau, n'est-ce pas, pour un homme, d'être soutenu? J'ai une crampe qui me mord le côté gauche ; le sang bout sous mon front, mes idées se troublent. Reine, laissez-moi vous regarder ; vous êtes si belle !
— Je ne veux pas, dit la jeune fille avec colère; j'aimerais mieux... Je vous en supplie, continua-t-elle d'une voix plus douce, ne me demandez pas cela ; ma poitrine est toute nue.
Source : Gallica

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