Résumé

Delly,  Les Deux fraternités (1912)

“ Et, se penchant, elle appuya ses lèvres sur une des mains de Cyprien.
Il tressaillit et ouvrit les yeux. Une joie inexprimable passa dans son regard et sa voix faible murmura :
— Oh ! c’est toi, Micheline !
— Oui, c’est moi, mon Cyprien. Oh ! comme j’avais raison ce matin ! Mais tu vas guérir vite, tu reviendras bientôt avec nous.
— Non, c’est fini, vois-tu. Il vaut mieux envisager la chose courageusement. J’ai demandé l’aumônier, il va venir dans un moment...
— Cyprien !... Oh ! Cyprien ! murmura-t-elle dans un sanglot.
Une crispation de douleur passa sur le visage de l’ouvrier.
”
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Delly,  Les Deux fraternités (1912)

“ Mais Micheline s’éloignait, son fils toujours serré contre elle. Dans ce visage tourné vers elle, son regard, encore affolé par le danger que venait de courir Louis, avait reconnu Prosper Louviers... Prosper, un des véritables auteurs de la mort de son mari !
— Vous pouvez aller, Richolle ! dit le député en s’enfonçant à l’intérieur.
Une impression singulière venait de s’emparer de lui à la vue de celle qu’il avait aimée, alors qu’il n’était encore que l’ouvrier de Vrinot frères. Son cœur égoïste, dévoré par l’ambition, avait parlé une seule fois pour Micheline Laurent.
”
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Delly,  Les Deux fraternités (1912)

“ Elle recula brusquement, très pâle ; ses yeux, où passait une protestation indignée, se posèrent sur le visage un peu ému de Prosper.
— Mon cousin !... Vous !... Vous qui l’avez tué !
— Que voulez-vous dire ? s’écria-t-il.
— N’avez-vous pas su comment mon mari est mort ?
— Si, dans la grève... Il s’est entêté à travailler...
— Et ce sont les malheureux ouvriers exaltés par vos discours qui l’ont tué, mon Cyprien ! Le vrai coupable, c’est vous, Prosper Louviers ! Vous qui êtes intelligent, qui agissez sciemment, qui usez pour le mal de votre ascendant sur ces pauvres êtres égarés !
”
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