Comtesse Roger de Courson

Résumé

Comtesse Roger de Courson Revue des Deux Mondes

L’Électrice, mise au courant des événemens, fut sans pitié pour l’enfant de la « Française, » et à Celle, le duc Georges-Guillaume, à qui le comte Platen porta les lettres où sa fille l’accusait de cruauté et d’avarice, entra en fureur contre la malheureuse. Quant à la duchesse Eléonore, se jetant aux pieds de son mari, elle lui rappela que leur enfant avait été livrée bien jeune à des influences hostiles ; que, délaissée par son époux, jalousée par son entourage, elle était plus digne de pitié que de blâme. Elle se heurta à un mur d’airain.
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Comtesse Roger de Courson Revue des Deux Mondes

L’année 1705 fut féconde en événemens, dont l’écho lointain parvint à la recluse d’Ahlden. Après le duc de Celle, mourut la comtesse Platen, dévorée par une maladie hideuse et voyant avec épouvante l’ombre vengeresse de Königsmark errer autour de son lit. Puis, le fils de Sophie-Dorothée épousa la princesse Caroline d’Anspach et, quelques mois après, en 1706, sa fille s’unissait au prince Frédéric-Guillaume de Prusse [18] . Ces deux mariages, qui pourtant la touchaient de près, ne furent pas annoncés officiellement à la « duchesse d’Ahlden, » la morte vivante, et sa mère n’y figura pas.
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Sous le règne de Georges II, on eut occasion de réparer certaines pièces du palais de Hanovre, dans l’aile jadis habitée par la princesse électorale. Les ouvriers découvrirent le squelette d’un homme dont les chairs avaient été dévorées par la chaux vive ; mais des débris de vêtemens existaient encore et suffirent pour identifier les misérables restes du brillant comte de Königsmark.
Quelles que furent ses erreurs, ses imprudences et peut-être ses fautes, Sophie-Dorothée demeure infiniment supérieure à l’homme qu’elle aima et, plus encore, au mari à qui elle fut sacrifiée.
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