Cte de Boulainvilliers

Résumé

Cte de Boulainvilliers Doutes sur la religion

Vous allez voir comment Spinosa confond ici les causes secondes avec la premiere, Dieu avec la Nature. Il a déjà fait plus, haut cet argument. La puissance de la nature n’est autre chose que la puissance de Dieu : Or il est certain que nous ne saurions comprendre toute l’étenduë de la puissance divine, tant que nous ignorons les choses naturelles ; c’est ce qui fait que nous recourons mal à propos à cette puissance de Dieu toutes les fois que nous ignorons quelque cause naturelle, qui n’est en effet autre chose que cette même puissance de Dieu.
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Cte de Boulainvilliers Doutes sur la religion

Ce sont-là les Prophètes songeurs dont Spinosa semble ici faire une espèce à part ; mais en songe ou bien éveillés, ils n’en étoient pas moins inspirés de Dieu. N’est-il pas le maître de prendre son tems comme il lui plaît ?
Une autre preuve, selon lui, que les Prophètes n’ont eu de révélation que par le moyen de l’imagination, c’est qu’on leur parle presque toujours & qu’ils s’expriment eux-mêmes par énigmes & par paraboles, & qu’ils rendent les idées les plus spirituelles par des images corporelles, ce qui cadre à merveille avec la nature de l’imagination.
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Cte de Boulainvilliers Doutes sur la religion

Le Peuple, dit Spinosa, s’imagine que la puissance & la providence de Dieu n’éclatent jamais davantage que quand il voit arriver dans la nature quelque chose d’extraordinaire ou de contraire à l’opinion qu’il a de la nature. Il croit que rien ne prouve plus sensiblement l’existence de Dieu que le dérangement qu’il se figure alors être arrivé dans l’ordre de la nature : de là tous ceux qui veulent expliquer les phénomenes & les miracles par les causes naturelles sont regardés comme des impies qui veulent détruire l’existence de Dieu
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