Résumé

E. Caro La République et les Républicains

Le premier élément des mœurs politiques d’un pays, le premier trait du caractère d’un homme d’état digne de le représenter, devrait être l’inviolabilité des assemblées passée à l’état de dogme. Hors de cette règle, il n’y a que pur empirisme, succession d’expédiens qui se détruisent les uns les autres, et parmi lesquels la probité d’un homme et la moralité d’un pays courent d’effrayans hasards. Tant que le respect absolu de la représentation nationale n’est pas entré sous forme d’habitude, d’instinct même, dans l’âme d’un peuple, son éducation politique n’est pas même commencée.
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E. Caro La République et les Républicains

Ceux-là, s’ils étaient les plus nombreux et les plus forts, réussiraient, je n’en doute pas, à faire l’éducation politique et à former les mœurs viriles d’une France vraiment démocratique. Les républicains que je combats sont ceux pour qui la république est un idéal tellement tyrannique, qu’ils prétendent l’imposer de gré ou de force à la nation, et si intimement mêlé et confondu avec leur propre personnalité, qu’ils ne savent plus l’en distinguer, et se refusent à croire qu’il puisse être réalisé par d’autres que par eux-mêmes.
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E. Caro La République et les Républicains

Pour s’acclimater dans nos mœurs et dans nos goûts, la république doit appartenir à tout le monde, et non à un parti, fût-ce aux honnêtes gens du parti. Elle doit être la chose vraiment publique, non le patrimoine d’une caste, Que son nom représente une administration sérieuse, pratique, libérale aux mains de vrais hommes d’état, non plus une succession d’émeutes sanglantes ou une monotone déclamation ; qu’elle devienne enfin la forme naturelle de l’ordre, au lieu de se confondre éternellement avec la révolution.
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