Résumé

Portrait de Louis de Carné Louis de Carné La Révolution et la République de 1848

Plus les hommes sont honnêtes, plus ils mettent de prix à chercher pour leur conduite, lorsque celle-ci peut passer pour inspirée par la passion, des motifs spécieux. Cela ne fut jamais plus manifeste qu’après les journées de février. Des cœurs généreux, hostiles à la monarchie de 1830 et qui avaient embrassé la révolution de 1848 comme une vengeance, se sentaient portés à découvrir dans la république autant de qualités que le gouvernement antérieur avait à leurs yeux de défauts.
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Par quel miracle l’assemblée, placée en présence d’un nom déjà sorti quatre fois de l’urne électorale, et qu’il avait suffi de prononcer pour ébranler la république, repoussa-t-elle la proposition très politique de réserver à la représentation nationale le choix du chef de l’état, au moins pour la première épreuve des institutions nouvelles? C’est là le secret de Dieu, tant la résolution de confier un pareil choix à l’entraînement du peuple consulté par la voix du suffrage direct semble contraire aux lois ordinaires de la prudence et du bon sens qui régissent les choses humaines.
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Si humiliant que soit un pareil épisode dans l’histoire d’une nation spirituelle, les torts d’une bourgeoisie fantasque n’excusent ni n’expliquent ceux du pouvoir, car il appartient à celui-ci de s’inquiéter de tout, et plus encore de l’inattendu que du vraisemblable. Les hommes qui ont vaincu les grandes difficultés sont trop portés à croire qu’ils n’ont plus à compter avec les petites, et rien n’obscurcit chez un prince la lucidité habituelle du coup d’œil autant que l’excès de confiance provoqué par une longue suite de prospérités.
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