“ Dans cette vaste histoire de l’univers, le progrès humain disparaît comme une goutte d’eau dans l’océan. Pourtant nous avons dû l’en extraire, l’isoler artificiellement, pour l’étudier à part. Son vrai nom n’est plus progrès, car dans la théorie de M. Spencer la même loi supplique rigoureusement à la société, à l’individu, à la vie organique, à la vie de la terre, au système solaire, à la vie cosmique tout entière. La loi doit être la même, puisque dans la théorie nouvelle il n’y a pas d’ordres distincts de réalités ou de phénomènes, pas de sphères d’existence incommunicables et fermées. ”
E. Caro
Résumé
Le Progrès social, d’É. Caro, explore les lois universelles de l’évolution à travers les réflexions de penseurs comme Turgot, Saint-Simon ou Spencer, en interrogeant la nature de l’évolution sociale, morale et scientifique. L’œuvre synthétise les thèmes de l’évolution, de la civilisation et de la nécessaire concordance entre l’individu et la société.
Caro questionne la dépendance du développement à la science, soulignant son rôle central dans l’histoire humaine, tout en critiquant les visions déterministes. Ce texte philosophique, publié en un moment de réflexion sur les fondements de la modernité, propose une vision dynamique où le développement, bien que soumis à des limites, reste une force incontournable de l’humanité.
Citations de Le Progrès social (E. Caro)
“ La mort nous paraît être la loi de tout ce qui vit, le déclin la loi de tout ce qui grandit ; au terme de tous les changemens, il semble que le changement suprême auquel nul être n’échappe, c’est de ne plus être. Telle est la première leçon que nous donne en caractères saisissans l’expérience de la mobile et vivante réalité, que cette réalité soit un individu, une famille, une nation. Par une induction naturelle, nos ancêtres étendaient à chaque phase de l’humanité et à l’humanité elle-même tout entière la même loi, la même nécessité de naître, de croître pour mourir, de s’élever pour tomber. ”
“ Est-ce une sorte de fatalisme du bien qui entraîne l’humanité irresponsable dans des voies préparées d’avance par un indulgent destin vers un avenir de félicité indéfinie ? N’est-ce au contraire que l’expression et le résultat des forces libres qui composent le monde moral, l’œuvre méritoire de l’activité appliquée au bien ? La véritable, la seule ouvrière du progrès, ne serait-ce pas la liberté ? Enfin, que dirait-on s’il était démontré que ce progrès lui-même, dont on parle tant et à tout propos, n’est qu’un ordre de choses chimérique, sans aucun rapport avec la réalité ? ”
