Emmanuel Ducros

Résumé

Emmanuel Ducros Chants de guerre et d'amour (1878)

Marceau, Marceau se meurt ! dominant la mitraille, Ce cri sème l'effroi, sinistre événement, Lorsque se fait entendre un grand coup de tonnerre; Les autres bruits, soudain, s'éteignent sur la terre Comme muets d'étonnement.
Il remplit à la fois deux troupes de tristesse, Le soldat ne sent plus dans son âme l'ivresse Du combat; ce cri tint les esprits occupés. Tacitement se fait la suspension d'armes, Autrichiens, Français, laissent couler des larmes, Comme d'un même coup frappés.
Les ennemis en foule, apportent leur hommage. Devant ce froid cadavre, il n'est pas un outrage.
Source : Gallica

Emmanuel Ducros Chants de guerre et d'amour (1878)

Les obus, dans leurs rangs, font bien des femmes veuves, Tous ont à supporter les plus dures épreuves, Mais à la mort, toujours ils montrent leurs fronts hauts. Quand on les voit combattre avec cette furie, On sent qu'elle est en eux l'âme de la patrie Et qu'elle en a fait des héros.
Rien ne peut épuiser l'ardeur qui les anime Ou dompter leur courage, et la plus forte lime Ne pourrait entamer et rompre un fer si dur.
Source : Gallica

Emmanuel Ducros Chants de guerre et d'amour (1878)

Et je vais parcourant ainsi la sombre guerre Qui te laissa sanglant, ô malheureux pays ! Car, à chaque moment, le coeur me dit : « espère, Les enfants ne sont pas indignes de leur père Lorsque le sort les a trahis. »
On n'admire pas moins les deux frères d'Horace, Tombés morts, le front haut, vaillants, au champ d'honneur, Que ce dernier vainqueur et vengeur de sa race. On vous admire autant, généreux Curiace, Ce n'est pas tout que le bonheur.
Source : Gallica

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