Ernest Psichari

Ernest Psichari

Résumé

Portrait de Ernest Psichari Ernest Psichari Les voix qui crient dans le désert (1920)

Vivent-ils seulement ? Pensent-ils aux grandes choses du monde, à la mort, au Paradis ? Pensent-ils aux anges du Ciel, à ces armées si nombreuses que nulle image humaine n’en peut donner l’idée, et qui viennent, par vagues pressées, contempler tour à tour le visage de Dieu ? Pensent-ils à l’Enfer, à ces cercles enroulés jusqu’au plus profond de la terre, que déchirent d’indicibles sanglots ? Pensent-ils à autre chose qu’à ce que voient leurs yeux, qu’à ce que sent leur cœur ? Mais ce sont d’honnêtes gens. Ils ont le goût délicat, l’esprit orné, l’amour des choses de l’intelligence...
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest Psichari Ernest Psichari Les voix qui crient dans le désert (1920)

Autour de soi, tout est magnifique. Ce n’est pas une terre en guenilles. C’est un jeune seigneur qui ne fait rien et qui s’ennuie. Tout l’enivrant parfum de la vie se ramasse en nous : la jeunesse, la gloire, l’amour du nom français, la fierté...
Tout à coup, j’arrête mon chameau. Me voici sur le haut d’une dune, et, à mes pieds, une plaine s’étale. Une longue traînée verte y sinue : c’est la palmeraie de Tichitt. Non loin, le Ksar paraît, fièrement posé sur son assise de rocs. Derrière moi, le soleil lance ses dernières flammes dans le silence magnifique du ciel.
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest Psichari Ernest Psichari Les voix qui crient dans le désert (1920)

Sur la route d’Atar.
Marche, vieux voyageur, emplis tes poumons de l’air immaculé de la plaine, repose-toi dans la paix des soirs, et repars, dans les beaux matins, avec un cœur tout neuf, un cœur facile. Ne te fais point de soucis, ô voyageur ! Tandis que tu emplis tes yeux des beautés de la terre, et que tu chantes, au pas docile des méharas, et que tu continues ta bonne besogne humaine — le Seigneur, ton Dieu, marche auprès de toi. Il marche si doucement que tu ne l’entends même pas — et pourtant Il est là, et Il te protège, et Il te regarde de tout son amour, plus grand que le monde.
Source : Gutenberg

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