Ernest Psichari,
Les voix qui crient dans le désert
(1920)
“ Vivent-ils seulement ? Pensent-ils aux grandes choses du monde, à la mort, au Paradis ? Pensent-ils aux anges du Ciel, à ces armées si nombreuses que nulle image humaine n’en peut donner l’idée, et qui viennent, par vagues pressées, contempler tour à tour le visage de Dieu ? Pensent-ils à l’Enfer, à ces cercles enroulés jusqu’au plus profond de la terre, que déchirent d’indicibles sanglots ? Pensent-ils à autre chose qu’à ce que voient leurs yeux, qu’à ce que sent leur cœur ? Mais ce sont d’honnêtes gens. Ils ont le goût délicat, l’esprit orné, l’amour des choses de l’intelligence... ”
