Eugène Marbeau

Résumé

Eugène Marbeau Remarques et pensées

Un moraliste prudent, devrait donc, pour ne pas être mal jugé, je veux dire pour ne pas être jugé en mal, ne décrire que des sentiments généreux, ceux dont il serait heureux de se parer ; il devrait fermer les yeux à tous les instincts bas ou risibles qui dérivent trop souvent de l’amour de soi, et ne voir que l’élan sans calcul qui nous fait du dévouement et du sacrifice un besoin et un bonheur, étincelle divine qui illumine l’âme, reflet et signe de son origine immortelle.
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Eugène Marbeau Remarques et pensées

Malheureusement ces sentiments élevés et nobles qui sont notre honneur et qui se révèlent parfois même dans les natures les plus basses, ne sont pas les seuls qui animent les hommes ; ne peindre que ceux-là serait faire un tableau aussi infidèle que celui qui se plairait à représenter exclusivement les côtés ingrats de l’humanité. Quand on étudie le cœur humain il faut se résigner à voir ce qui est mal, comme ce qui est bien, comme ce qui n’est ni mal, ni bien, et à dire la vérité telle qu’on la vit.
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Eugène Marbeau Remarques et pensées

Par exemple, l’avarice, cette forme de l’égoïsme par laquelle on amasse pour soi seul de peur de manquer, s’est longtemps manifestée à l’observateur, par le besoin et le geste d’en fouir, mais depuis que la richesse n’est plus seulement, représentée par la monnaie métallique, depuis qu’elle l’est surtout par des valeurs fiduciaires en circulation, les manières d’être, les mœurs de l’avare ont changé.
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