F.-A. de Syon, L'inconnu. Tome 2 (1829)
“ Il me fallut dévorer encore ma haine ; et dès le soir je dus reparaître sur le théâtre : ces hommes, dont j'étais le misérable jouet, regardaient comme mon devoir de les amuser. J'entendis avec un redoublement de fureur les applaudissements qu'ils prodiguaient à ma voix, à cette voix dont chaque accent était un cri de vengeance s'élevant contre leur froide barbarie. Je contemplais d'un oeil hagard cette foule maudite ; je me plaignais que mes regards n'eussent pas la puissance de la foudre ; j'aurais voulu pouvoir déverser sur elle la vengeance et la mort. ”
