F.-A. de Syon

Résumé

F.-A. de Syon L'inconnu. Tome 2 (1829)

Il me fallut dévorer encore ma haine ; et dès le soir je dus reparaître sur le théâtre : ces hommes, dont j'étais le misérable jouet, regardaient comme mon devoir de les amuser. J'entendis avec un redoublement de fureur les applaudissements qu'ils prodiguaient à ma voix, à cette voix dont chaque accent était un cri de vengeance s'élevant contre leur froide barbarie. Je contemplais d'un oeil hagard cette foule maudite ; je me plaignais que mes regards n'eussent pas la puissance de la foudre ; j'aurais voulu pouvoir déverser sur elle la vengeance et la mort.
Source : Gallica

F.-A. de Syon L'inconnu. Tome 2 (1829)

J'aime, et, dépourvu de tout moyen de charmer, je ne puis prétendre à être aimé. Oh ! que ne puis-je, endormant ma douleur, et m'étourdissant dans le cercle monotone de la vie , oublier que. j'entrevis le bonheur , sans jamais pouvoir y prétendre ! Que l'insensibilité serait un don précieux pour qui n'a pas, dans le trésor de son avenir, la chance d'être aimé ! Ce don m'est refusé ; mon coeur passera sans gradation des ardeurs de l'amour au froid éternel du sépulcre.
Source : Gallica

F.-A. de Syon L'inconnu. Tome 2 (1829)

Le soleil était déjà parvenu presqu'à la moitié de sa course : nous déscendîmes la montagne , et nous nous arrêtames sur une des terrasses du château. Zélie lisait , assise sur un pan de mur à demi écroulé , à l'ombre d'un cyprès qui avait pris racine parmi les décombres. Une idée sombre effleura ma pensée mais elle ne s'y arrêta point. Mon imagination n'était plus ouverte aux prévisions du malheur.
Elle leva les yeux à notre approche, s'élança pour embrasser son père , m'aperçut et rougit. Le vieillard la serra tendrement dans ses bras ; il lui parla.
Source : Gallica

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