Résumé

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle

Par malheur, on dirait que les ennemis de Racine ne sont pas tous morts avec lui. Jusque de nos jours on est volontiers injuste, injuste pour son œuvre, injuste pour sa mémoire. Et je sais tels écrivains qu’il ne faudrait pas pousser beaucoup pour qu’ils lui fissent un crime de sa conversion. Sans doute il eût mieux fait, comme cet inimitable artiste, vrai bohème du XVIIe siècle, franc égoïste d’ailleurs, que nous continuerons d’appeler « le bonhomme, » de ne se convertir qu’à son lit de mort, mais il crut qu’il était décent de ne pas attendre pour quitter le monde que le monde l’eût quitté.
Source : Wikisource

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle

Hélas ! comme dit un autre poète : « Nous sommes trop pleins du lait de l’humaine tendresse. » Et si l’on a par hasard cette gloire d’être Rodrigue ou Polyeucte, on ne l’est qu’une fois dans sa vie, par le privilège d’une situation singulière, dans des conditions qui ne se reproduisent pas deux fois les mêmes ; mais on est Bérénice, et Roxane, et Phèdre du jour que l’on a vu Titus, Bajazet, Hippolyte, on l’est pour toujours, et si l’on n’en vit pas, on en meurt. Changez les noms, c’est notre histoire à tous. Roxane assassinait hier le Bajazet qui la trompait et s’asphyxiait sur son cadavre.
Source : Wikisource

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Revue littéraire - Les Ennemis de Racine au XVIIe siècle

Nul plus que nous n’admire le Cid ou le Menteur, nous n’en prétendons pas moins que du Cid à Bajazet comme du Menteur à l’Avare, il y a non-seulement l’intervalle d’une génération, c’est-à-dire l’intervalle de la jeunesse à la maturité, mais encore l’abîme d’une révolution de la scène, de la littérature et du goût. Forme et fond, il n’y a rien de plus différent du théâtre de Corneille que le théâtre de Racine, pas même le théâtre de Shakspeare. Ni Racine, ni Molière ne sont venus, comme on le dit quelquefois, ajouter quelque chose au théâtre de Corneille
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature