Gabrielle-Suzanne de Villeneuve,
La Belle et la Bête
“ A l’heure ordinaire la Belle trouva son soupé servi avec la même délicatesse & avec la même propreté. Nulle figure humaine ne se présenta devant elle ; son pere l’avoit prévenue qu’elle seroit seule. Cette solitude commençoit à ne lui plus faire de peine, quand la Bête se fit entendre à ses oreilles. Ne s’étant point encore trouvée seule avec elle, ignorant comment cette entrevue alloit se passer, craignant même qu’elle ne vînt la dévorer, pouvoit-elle ne pas trembler ? Mais l’arrivée de la Bête qui dans son abord ne montra rien de furieux, ses frayeurs se dissiperent. ”

