Georges Price

Résumé

Georges Price Croquis de province

Et il roulait ses réflexions sous son tricorne tout en tirant son cheval par la bride, quand soudain, Boudineau lui pinça le bras. Il leva la tête. Tout son sang ne fit qu’un tour : il chancela, blanc comme un linge, et dut se cramponner à la crinière de la bête. Devant le perron, la cuisinière, sans tablier, riait entre le marquis et le préfet qui, son chapeau à plumes noires à la main, lui disait des douceurs dans une attitude inclinée. La cuisinière ! C’était la châtelaine. Pauvre Morillon !
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Georges Price Croquis de province

Qu’importe le nom de l’idole ? ne l’embellit-elle pas toujours ?
Quand ils se furent bien réconfortés, quand ils eurent dégusté le café et l’armagnac, Boudineau, le vieux limier, entendit de son oreille de soudard le cri de la calèche sur le sable. Tous deux bouclèrent leurs ceinturons et descendirent à l’écurie. Morillon était quelque peu mélancolique de ne pouvoir faire ses adieux à la cuisinière. Mais enfin, elle avait sa lettre. Qui sait ? elle l’avait peut-être lue déjà, sans doute ; c’était ça qui l’empêchait de revenir. Il ne pouvait lui en vouloir de sa pudeur, à cette jeunesse.
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Georges Price Croquis de province

C’était Estelle !
Estelle, et, derrière elle, M. de Peltreau. Estelle encore en toilette de bal, toute émue, toute rouge, une mantille de laine sur la tête, une sortie de bal de satin blanc sur les épaules, et M. de Peltreau, ému aussi, qui courait à l’hôtelier et lui disait :
— Monsieur Morissel, avez-vous une chambre bien cachée ?... Eh ! mais, il y a quelqu’un ici ! s’écria-t-il d’un ton peu tendre en me voyant.
Ô vertu de l’uniforme ! Vous auriez été embarrassé, vous lecteur, n’est-ce pas ? Moi point : un militaire a toujours un moyen de se tirer de peine.
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