Résumé

Henri Brocher La Religion et la Politique dans la Rome ancienne

La société repose donc sur deux bases : la force et la religion, la milice et l’église. La force est la condition extérieure, la religion le ciment intérieur, l’essence de la société, le moyen d’obtenir le consentement. La société ne peut naître sans force ; elle ne peut grandir sans religion. L’homme peut se passer de tel ou tel dogme particulier ; il ne peut se passer de croyances relatives aux nécessités dont il dépend : il en a toujours, même à son insu. Nous retrouvons la religion chez tous les hommes et chez tous les peuples qui ont atteint un certain degré de développement.
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Henri Brocher La Religion et la Politique dans la Rome ancienne

Ainsi tous les citoyens font partie de l’église, tous sont considérés comme ayant part aux révélations de la volonté divine. Les institutions et les actes publics sont ordonnés par le peuple ; mais le peuple n’ordonne rien sans s’être assuré le consentement des immortels. Le sacerdoce universel est la raison d’être du suffrage universel. Les Romains des beaux temps gardaient avec un soin anxieux le traité de paix et d’alliance qu’ils avaient conclu avec le ciel : ils marchaient avec Dieu, Dieu marchait avec eux, et c’est ce qui les rendit vainqueurs du monde.
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Dans la hiérarchie, à moins d’un développement intellectuel et surtout moral tout à fait exceptionnel, les prêtres auront bien de la peine à ne pas substituer, sans s’en douter le plus souvent, leurs convenances particulières à celles de la nation. Dès lors le peuple n’est plus libre, il est exploité au profit d’une classe ; il ne peut plus être question de république dans le sens vrai du mot, car une fois admis que nous devons nous rendre indépendans des hommes tout en nous soumettant à la divinité, toute vraie république sera une théocratie, toute vraie théocratie une république.
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