Résumé

Henri Gouraud Essai critique sur Broussais, sa doctrine médicale et ses opinions philosophiques… (1840)

Son explosion philosophique n'était qu'un acte de colère : on l'écouta, comme on écoute un homme en colère.
Broussais n'en continua pas moins : tout esprit de sa trempe, une fois entré dans une certaine voie, y laisse sa trace et creuse profondément le sillon commencé. Il trouva sur son chemin la phrénologie, science dont on fait ce qu'on veut à la vérité, mais qui se prête avec plus de complaisance aux données matérialistes : il l'embrassa avec ardeur. Le matérialisme et la phrénologie furent, à partir de ce moment, son unique passion, son unique étude.
Source : Gallica

Henri Gouraud Essai critique sur Broussais, sa doctrine médicale et ses opinions philosophiques… (1840)

Les doctrines les plus vénérées, les plus nécessaires à l'humanité, à la liberté et au bonheur de l'homme, se trouvent-elles sur son passager Pour lui c'est un hochet, il en rit comme des grimaces d'un enfant, ou des rêves d'un malade : toujours avec la même ignorance, et la même parfaite assurance, de sorte que le lecteur qui cherche la vérité, qui respecte tout problème important à la vie humaine, tout lecteur sérieux, après avoir admiré, si l'on veut, l'écrivain, ne trouve au fond de lui-même que la plus profonde indignation pour le philosophe.
Source : Gallica

Henri Gouraud Essai critique sur Broussais, sa doctrine médicale et ses opinions philosophiques… (1840)

Le signe n'est que l'instrument du sens, il n'est que l'occasion, il ne fait que donner lieu au souvenir de l'idée qui est dans le sens. Or, cette idée n'a rien qui soit identique avec la sensation ou de même nature que la sensation. De plus, le signe même ne tire sa valeur que d'une convention sociale, que d'un pacte fait entre un certain nombre d'intelligences, lequel pacte n'a, non plus lui, rien de sensible ni
de matériel, D'ailleurs, même en nous mettant pour un instant au point de vue de Broussais, il est faux que toute parole soit la représentation de quelque objet sensible.
Source : Gallica

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