Résumé

H. Gouraud Revue des Deux Mondes

Pour bien apprécier la révolution opérée dans le monde médical par M. Broussais, nous avons besoin de reprendre la question d’un peu plus haut ; nous sommes obligé de rappeler des principes trop généralement méconnus aujourd’hui.
La médecine n’est pas une science qui soit née hier ou qui doive naître demain ; ce n’est pas une science qui marche au hasard, ou qui soit livrée au caprice d’un homme, quel que soit cet homme. Elle date du jour où l’homme souffrant a été placé au sein de la nature, avec la faculté de connaître ce qui se passe en lui et hors de lui.
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H. Gouraud Revue des Deux Mondes

Le domaine des faits durables acquis à la médecine est donc très réel et très grand ; quiconque voudra réfléchir avec l’attention et la bonne foi nécessaires, et distinguer les faits généraux, les faits principes, les faits qui font loi et qui sont la règle de tous les autres, des notions hypothétiques et conjecturales qui s’y mêlent dans la pratique de chaque médecin, celui-là prendra de la science médicale une idée digne et grande : il la reconnaîtra pour une science antique, une science perpétuée, ayant ses dogmes fondamentaux, ses méthodes, ses procédés, ses moyens de progrès.
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H. Gouraud Revue des Deux Mondes

Aussi combien ne s’emporte-t-il pas contre cette médecine qu’on a appelée médecine des lésions, médecine organique ! Avec quelle verve éloquente il s’indigne de l’habitude qu’ont prise les médecins de nos jours de voir toute la maladie sur le cadavre, et de se laisser détourner, par les inspections nécroscopiques, de l’observation et de l’appréciation des causes de maladie, des phénomènes, directs ou sympathiques, de réaction de l’organisme contre les agens modificateurs, enfin de l’action des moyens thérapeutiques !
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