Résumé

Henry James Les Papiers de Jeffrey Aspern

Il était enivrant ; tel sans doute que celui qui tremblait aux aveux de Roméo, debout parmi les buissons fleuris et tendant les bras vers le balcon de sa maîtresse. Je levai les yeux vers les fenêtres du palais pour voir si par hasard l’exemple de Vérone — Vérone n’est pas loin — aurait été suivi, mais tout était noir, comme d’habitude, et tout était muet.
Juliana, peut-être, aurait pu, aux nuits d’été de sa jeunesse, murmurer de sa fenêtre ouverte quelques paroles d’amour à Jeffrey Aspern, mais Miss Tina n’était pas la maîtresse d’un poète, non plus que je n’étais poète.
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Henry James Les Papiers de Jeffrey Aspern

Or, ce n’était rien de moins que cela qui me menaçait, eussé-je continué à supplier une dame, une nuit d’été, dans un jardin d’Italie, de bien vouloir « croire en moi ». Il y avait du mérite à ce délicat scrupule : car Miss Tina s’attardait, s’attardait ; je devinais en elle la conviction qu’elle ne redescendrait pas de sitôt et le désir de faire durer le moment présent. Elle marquait aussi de l’insistance à maintenir notre conversation sur le terrain personnel : en somme, toute sa conduite ne pouvait être que celle d’une femme absolument dénuée d’artifice et presque aussi dénuée d’esprit.
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Ma nièce a une confiance à donner ?
— La voici, elle pourra vous le dire elle-même, dis-je ; Miss Tina paraissait sur le seuil du salon. Avez-vous de la confiance, Miss Tina ? Votre tante désire vivement le savoir.
— Pas en elle, pas en elle, déclara la jeune personne, secouant la tête d’un air dolent qui n’était ni plaisanterie ni affectation. Je ne sais que faire d’elle ; elle a des accès d’imprudence horribles. Tout la fatigue, et cependant la voilà qui se met à errer, à se traîner à travers la maison.
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