Résumé

J.-E. Sabini Recherche de la vérité sociale… (1850)

Mais l'État dans l'esprit de bien des gens est un tiers, un étranger, et s'il vient s'immiscer dans les opérations industrielles et s'en attribuer la direction, il est regardé comme un usurpateur et un intrus. Les uns, comme M. Mortimer-Ternaux, crieront, à l'exploitation de l'homme par l'État ; les autres crieront, au communisme; tous crieront, à la compression de la libre activité de l'homme et au despotisme social.
Raisonnons. En droit, qu'est-ce que l'État ou la société? C'est tout le monde, c'est la collection de tous les citoyens. Tout acte de l'État est l'acte de volonté générale.
Source : Gallica

J.-E. Sabini Recherche de la vérité sociale… (1850)

Mais régner en vertu du principe de la souveraineté du peuple, c'est régner par l'assentiment de la majorité des citoyens. Ils diront que c'est par l'assentiment de la majorité des citoyens de telle ou telle époque, qui leur a cédé le pouvoir, qu'ils règnent. On leur répondra que c'est par l'assentiment de la majorité des citoyens actuelle qu'ils doivent régner ; que le principe de la souveraineté du peuple ne s'entend et ne s'applique qu'ainsi ; que s'ils règnent autrement, ils règnent par despotisme, et la révolte contre eux est légitime.
Source : Gallica

J.-E. Sabini Recherche de la vérité sociale… (1850)

Mais si le pouvoir social doit résider uniquement dans le peuple ou l'universalité des citoyens, ce pouvoir est-il absolu ? Le peuple peut-il tout faire ? En fait et légalement, oui; en droit et moralement, non. En fait et légalement, le pouvoir du peuple est absolu; ses décisions justes ou injustes, utiles ou désastreuses sont sans appel, et tout citoyen est tenu de s'y soumettre quant à leur application matérielle. Si on ne voulait pas s'y soumettre, à quel autre pouvoir en appeler? Il n'y a pas de pouvoir au-dessus du pouvoir du peuple ou de tous.
Source : Gallica

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