Jean Bertheroy 

Résumé

Jean Bertheroy  Le Colosse de Rhodes

Toutes les étoiles paraissent éteintes. Et lui, ne va-t-il pas s’obscurcir aussi ? Le ciel alors deviendrait un lac de ténèbres.
— Calme-toi, Lyssa, ce n’est rien. Tes yeux sont éblouis, et tu ne distingues plus les constellations sans nombre. Puis ta main est brûlante et je respire l’odeur du feu sur ta chevelure. Va te reposer ; je veillerai à ta place auprès du trépied sacré.
— Non, dit Lyssa, il faut que je prie, il faut que j’implore Héraclès, que je le conjure de m’être propice. Dornis, un grand bonheur m’est venu. Je te conterai cela quelque jour.
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Jean Bertheroy  Le Colosse de Rhodes

Namourah, en l’écoutant, avait souri et, montrant sa bague à Likès :
— Cette inscription n’a-t-elle pas raison une fois de plus ? murmura-t-elle. La puissance dangereuse qui gouverne le monde, c’est nous qui la détenons.
— Oui, c’est toi, fille d’Israël, dit Isanor en l’enveloppant d’un regard passionné ; toi et tes sœurs de l’Orient et de l’Occident, toutes celles en qui les dieux ont enfermé le don redoutable de la beauté.
Mais il se tut, car Pamphilidas et Eudanus venaient d’entrer, la tête surmontée d’aigrettes de diamant.
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Jean Bertheroy  Le Colosse de Rhodes

Mais Lyssa riait, en secouant sa tête légère :
— Il n’y paraît pas, regarde ! Et je suis heureuse, Likès, si heureuse que tu emportes un peu de moi-même !
Likès la contemplait, ému :
— Et moi, que te donnerai-je en échange ?
— Rien ! Je ne veux rien, ni promesse, ni offrande. En ai-je exigé lorsque je me suis livrée à toi ? À quoi d’ailleurs servent les serments et les paroles ? C’est le cœur et non point la volonté qui décide de l’amour. C’est lui qui ravit ou qui tue, qui suscite la joie ou le désespoir.
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