Jeanne-Marie Leprince de Beaumont,
Le Magasin des enfans
(1843)
“ Ah, quel drôle de nez! — Pas si drôle que le vôtre, dit Désir à la fée : mais, madame, laissons nos nez pour ce qu'ils sont, et soyez assez bonne pour me donner quelque chose à manger ; car je meurs de faim, aussi bien que mon pauvre cheval. — De tout mon cœur, lui dit la fée. Quoique votre nez soit ridicule, vous n'en êtes pas moins le fils du meilleur de mes amis. J'aimais le roi votre père comme mon frère; il avait le nez fort bien fait, ce prince. — Et que manque-t-il au mien? dit Désir. — Oh! il n'y manque rien, dit la fée, au contraire, il n'y a que trop d'étoffe ”
