Jeanne-Marie Leprince de Beaumont

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont

Résumé

Portrait de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Le magasin des enfants (1883)

Ne suis-je pas bien méchante, disait-elle, de donner du chagrin à une bête qui
a pour moi tant de complaisance ! est-ce sa faute si elle est si laide, et si elle a peu d'esprit? Elle est bonne, cela vaut mieux que tout le reste. Pourquoi n'ai-je pas voulu l'épouser? Je serais plus heureuse avec elle, que mes sœurs avec leurs maris. Ce n'est ni la beauté ni l'esprit d'un mari qui rendent une femme contente, c'est la bonté du caractère, la vertu, la complaisance, et la Bête a toutes ces bonnes qualités. Je n'ai point d'amour pour elle, mais j'ai de l'estime, de l'amitié et de la reconnaissance.
Source : Gallica

Portrait de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Le magasin des enfants

Je ne souhaite pas encore ; mais il me semble qu’il n’y a rien de si bon que d’être belle, riche et de qualité. — Mais, répondit le mari, avec ces choses on peut être malade, chagrin ; on peut mourir jeune : il serait plus sage de souhaiter de la santé, de la joie et une longue vie. — Et à quoi servirait une longue vie, si l’on était pauvre ? dit la femme ; cela ne servirait qu’à être malheureux plus longtemps. En vérité, la fée aurait dû nous promettre de nous accorder une douzaine de dons ; car il y a au moins une douzaine de choses dont j’aurais besoin.
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Portrait de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Jeanne-Marie Leprince de Beaumont Le magasin des enfants

À l’instant le boudin tomba, et la femme, qui avait de l’esprit, dit à son mari : « La fée s’est moquée de nous, et elle a eu raison. Peut-être aurions-nous été plus malheureux étant riches que nous ne le sommes à présent. Crois-moi, mon ami, ne souhaitons rien, et prenons les choses comme il plaira à Dieu de nous les envoyer. En attendant, soupons avec notre boudin, puisqu’il ne nous reste que cela de nos souhaits. » Le mari pensa que sa femme avait raison ; ils soupèrent gaiement, et ne s’embarrassèrent plus des choses qu’ils avaient eu dessein de souhaiter.
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