Joseph Malègue,
Petite suite liturgique
(1938)
“ Jésus, ô Dieu sans limite, Jésus, roi de tout l'Etre, l'aurez-vous assez pris le misérable revêtement de l'homme! Le péché, la faute contre Dieu assume l'incommensurable grandeur de tout ce qui touche à Dieu. Cette bassesse d'animalité qui grouille au fond de nos fautes et même ce raffinement qui passe l'animal, l'homme croit que toutes ces choses n'ont rien à voir avec l'Absolu, qu'elles n'expriment que notre relativité essentielle, nos irisations momentanées, la carte coloriée de notre âme, qu'elle n'intéresse que l'humble et impur cœur humain. Mais l'homme se trompe. ”
