Résumé

Marius Odin Nos églises : pieuses circonstances (1932)

C'est que l'orgue, adopté par l'Église, élevé par elle, grandi chez elle, a gardé le sens chrétien et l'esprit de foi des vieux âges. Il souffre, si un virtuose lui impose des thèmes d'une inspiration profane, et sa grande âme se refuse à traduire nos gaîtés vaines et nos frivolités. Mais qu'un maître au cœur croyant l'aborde, un Bach un Franck, un Widor, alors, fier de se voir respecté, heureux de se sentir aimé, l'orgue se donne et tout son grand cœur vibre à la gloire de Dieu !...
Source : Gallica

Marius Odin Nos églises : pieuses circonstances (1932)

Lyon, cité laborieuse et mystique, toujours se reposa de son travail par la piété, par le rêve et par l'art. Comment le plus mystérieux des arts, tout fait d'âme et tout fait pour l'âme, comment la musique, « fille de Dieu », n'aurait-elle pas eu d'emblée la faveur lyonnaise ? Et avant toute autre la musique religieuse, car Lyon aime que ses brumes laissent transparaître le coteau béni, son Fourvière doré d'espoir, illuminé de foi.
La musique, au surplus, n'est-elle pas une cité comparable à la nôtre ?
Source : Gallica

Marius Odin Nos églises : pieuses circonstances (1932)

Sous les claviers d'ivoire dort l'octave entier de la Création, et les doigts du virtuose ont pouvoir de l'éveiller de la clameur des vents d'orage aux trilles du rossignol dans le calme des nuits.
Mais ne pensez pas qu'il s'agisse seulement d'harmonie imitative ni du stérile miracle d'une reproduction, fût-elle géniale, fût-elle supérieure au modèle. Ce faisant, l'orgue a un but, et c'est de solliciter l'âme de l'homme à faire sa partie dans le concert. Car notre âme est un
autre temple, et plus divin que la Nature, un temple au fond duquel un orgue est endormi, notre cœur.
Source : Gallica

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