Résumé

Louis Peisse Revue des Deux Mondes

Comment un artiste du talent et du goût de M. Lehmann a-t-il pu se rendre si digne de commisération et si coupable ? On ne comprend rien à cette manière d’interpréter la nature. Et c’est en cherchant le style, le caractère, en courant après quelque idéal probablement introuvable, que M. Lehmann a laissé échapper le corps pour l’ombre, et découpé sur sa toile cette image froide, immobile, morte ! Il y a cependant dans cette singulière peinture, et dans sa singularité même, l’empreinte d’un esprit élevé qui ne va si loin dans l’erreur que pour s’éloigner davantage de la vulgarité.
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Louis Peisse Revue des Deux Mondes

C’est là uniquement ce qu’ont voulu faire, ou du moins ce qu’ont fait, les sculpteurs, si rares, qui sont parvenus à se créer une manière, c’est-à-dire, en d’autres termes, à découvrir et à mettre en saillie quelque côté nouveau de l’idéal accessible à la sculpture, car ce qui, dans l’artiste, s’appelle une manière est, dans l’œuvre, quelque chose de fixe et de permanent qui fait désormais partie du monde réel, ou plutôt n’est qu’une des faces de ce monde rendue visible par la vertu créatrice de l’art.
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Louis Peisse Revue des Deux Mondes

Le mouvement scientifique du XVIe siècle n’a de comparable en grandeur que le mouvement religieux et social du christianisme. Cependant le spectacle de cette destruction en grand de tant d’idées amassées par le temps, de tant de systèmes si laborieusement construits, de toute cette science de laquelle s’étaient nourries des centaines de générations, de tous ces prodigieux ouvrages de l’esprit humain, est à la fois triste et menaçant. Si en effet cette destruction fut juste et conforme à l’ordre, qui nous répond à nous, hommes nouveaux, de la solidité de nos œuvres d’un jour ?
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