Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï La Fin de notre ère

Pour se délivrer de ces maux toujours croissants, des guerres, de la famine dont ils souffrent et dont on ne voit pas la fin, les Russes — leur immense majorité : tous les paysans — ne doivent entreprendre rien de particulier, mais tout simplement sortir par la porte ouverte de la cage, c’est-à-dire cesser de penser d’une Russie quelconque, qui n’existe qu’en imagination, de sa grandeur, de son unité. Ils doivent, tirant leur nourriture de la terre, vivre d’une vie naturelle, bonne, raisonnable, établie par Dieu, et n’obéir qu’à leur conscience.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï La Fin de notre ère

La majorité des Russes voit clairement que la cause de tous les maux dont ils souffrent est dans l’obéissance au pouvoir. Devant eux se pose ce problème : ou abdiquer leur qualité d’êtres raisonnables et libres, ou cesser d’obéir au gouvernement ; et les peuples d’Europe et d’Amérique, à cause de l’agitation de leur vie et de la duperie de « l’auto-direction » ne le voient pas encore ; ils le verront bientôt. La participation dans la violence gouvernementale — qu’ils appellent la liberté — les conduit à un esclavage de plus en plus grand et aux maux qui en découlent.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï La Fin de notre ère

Et depuis des siècles la majorité des hommes vit se croyant chrétienne, et ne soupçonne même pas la centième partie de l’importance du vrai christianisme. Mais le prestige de l’État, quelque grand et durable que soit son triomphe, quelque cruellement qu’il opprime le christianisme ne peut étouffer la vérité qui révèle à l’homme son âme et qui fait l’essence du christianisme. Plus cette situation durait, plus s’établissait nettement la contradiction existant entre la doctrine chrétienne de l’humilité et de l’amour, et l’État, institution d’orgueil et de violence.
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