Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Les Rayons de l’aube

Que vous soyez aujourd’hui, pendant le grand carême à Poudoge, ce n’est qu’un accident secondaire ; votre véritable état se définit ainsi : vous vivez dans le monde de Dieu, sur la planète Terre, habitée par 1500 millions d’hommes de races et de religions diverses — quelque cent mille ans après l’apparition de l’espèce humaine — dans un coin de l’hémisphère septentrional, au milieu d’un peuple appelé russe ; et vous vivez en cet endroit, à ce moment, par la volonté de Dieu, de ce même Dieu qui a tiré du néant la terre et ses habitants et jusqu’à l’univers infini qui vous enveloppe.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Les Rayons de l’aube

Voilà pourquoi, non seulement elle n’a pas le droit de croire comme le charbonnier, mais elle ne peut avoir une telle foi. Elle peut dire qu’elle croit comme son charbonnier ; en réalité, elle ne peut pas croire comme lui. Pour elle comme pour le charbonnier, les conditions de foi sont les mêmes. Il faut pour qu’elle croie vraiment, que sa foi embrasse tous les éléments de sa connaissance, qu’elle ne soit pas en opposition avec sa conception du monde, mais au contraire, qu’elle éclaire, qu’elle coordonne en un tout, toutes ses notions.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Les Rayons de l’aube

L’humanité vit, la conscience morale grandit et elle commence à comprendre, d’abord l’impossibilité morale de manger ses parents, puis de tuer les enfants superflus, puis de tuer les prisonniers, ensuite d’avoir des esclaves, de maintenir l’ordre dans son foyer avec les coups, et enfin — et c’est la principale acquisition de l’humanité — l’impossibilité d’attenter au bonheur général par l’assassinat ou n’importe quelle violence. Il y a des hommes qui ont atteint ce degré de conception morale, il y en a d’autres qui n’y sont pas encore parvenus.
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